Vrai ou fake Couvre-feu : les contrôles de police ont-ils provoqué les bouchons dimanche en Ile-de-France ?

Près de 400 kilomètres d'embouteillages ont été enregistrés dimanche en fin de journée autour de Paris. Mais ces ralentissements ont commencé avant le début du couvre-feu et les contrôles de police.

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Un policier contrôle un automobiliste, le 31 janvier 2021, au péage du Buchelay dans les Yvelines, durant le couvre-feu. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La scène a scandalisé, dimanche 31 janvier. En cette fin de week-end, de longues files de voitures s'étirent à la tombée de la nuit aux péages des autoroutes, autour de Paris ou sur le boulevard périphérique. Juste après l'entrée en vigueur, à 18 heures, du couvre-feu destiné à enrayer l'épidémie de Covid-19, policiers et gendarmes passent à l'action. Ils arrêtent des automobilistes pour s'assurer qu'ils disposent bien d'une attestation et d'un motif dérogatoire de déplacement, comme le montre cette vidéo tournée par Actu Paris à la porte d'Orléans, où la préfecture de police de Paris avait organisé son opération de contrôle.

Pour de nombreux automobilistes et internautes, cela ne fait aucun doute : ces contrôles ont provoqué des embouteillages et empêché des Parisiens et Franciliens de rentrer chez eux à temps, les exposant à une amende de 135 euros – voire plus en cas de récidive – pour non-respect du couvre-feu. Ces accusations, lancées alors qu'un cumul hors du commun de près de 400 kilomètres de bouchons a été enregistré par Sytadin en région parisienne, disent-elles vrai ou "fake" ?

Des bouchons qui ont commencé bien avant 18 heures

Une image en particulier a été abondamment commentée. Celle du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, affichant depuis le péage du Buchelay (Yvelines) sur l'A13, la volonté du gouvernement de faire respecter le couvre-feu à 18 heures, à grand renfort de contrôles. A la barrière, dans le sens province-Paris, des policiers et gendarmes contrôlent les automobilistes pris dans les bouchons.

Mais au péage du Buchelay, comme à la porte d'Orléans ou sur les autres principaux axes de région parisienne, les embouteillages ont débuté bien avant 18 heures, comme le montre cette animation, réalisée à partir des relevés de Sytadin. Les bouchons commencent à se généraliser dès 16 heures. A la porte d'Orléans, la congestion est ainsi apparue vers 16h30. A la barrière du Buchelay, l'embouteillage se forme vers 17 heures. A 18 heures, quand débutent le couvre-feu et les contrôles de police, la carte du trafic routier en région parisienne est déjà largement colorée en rouge.

Un pic "à 18 heures pile", vite résorbé

Dimanche après-midi, les embouteillages ont commencé à atteindre un niveau jugé "inhabituel" par Sytadin vers 16h30, avec plus de 75 km cumulés en Ile-de-France. Ils ont ensuite augmenté, jusqu'à culminer à "397 km cumulés à 18 heures pile", indique à franceinfo le service de la Direction des routes d'Ile-de-France. Ce pic, qui dépasse de très loin le seuil "exceptionnel" défini par Sytadin, est plus de trois fois supérieur à la moyenne. Il se produit aussi environ une heure plus tôt qu'habituellement.

S'ils atteignent un niveau bien plus élevé que d'ordinaire, ces embouteillages durent toutefois nettement moins longtemps. A partir de 18 heures, lorsque débutent le couvre-feu et les contrôles de police, les bouchons se résorbent rapidement. La courbe, montée en flèche, dégringole. A 20 heures, les embouteillages sont quasi nuls. Hors couvre-feu ou confinement, ces bouchons s'étalent en moyenne jusqu'à plus de 21 heures. 

Un pic similaire les deux dimanches précédents

Depuis l'instauration du couvre-feu à 18 heures, une tendance se dessine. Le dimanche en fin d'après-midi, le trafic routier en Ile-de-France décrit une courbe en forme de pic. D'importants bouchons se forment vers 16 heures, culminent vers 18 heures et s'évanouissent à 20 heures. 

Le 17 janvier, le premier dimanche où le couvre-feu s'est appliqué sur tout le territoire, les embouteillages ont atteint près de 375 km cumulés vers 18 heures. A peine moins que les 397 km de ce dimanche.

Le dimanche suivant, le 24 janvier, le cumul de bouchons a certes été moins importants – autour de 215 km – mais il a été précédé d'un premier pic inhabituel – à 125 km – après 14 heures.

Dimanche, les contrôles de police ont évidemment démarré "dès 18 heures et pas avant", confirme une source policière à franceinfo. Par conséquent, "ce ne sont pas les contrôles qui génèrent les bouchons", se défend cette source, qui juge "pas normal que tant de monde circule un week-end à l'heure du couvre-feu". Ces contrôles ont néanmoins pu ralentir un peu plus un trafic déjà très congestionné.

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