Vidéo Vaccins : pourquoi certains départements en reçoivent plus que d'autres ?

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L'oeil du 20 heures - 16 février 2021
Article rédigé par
France Télévisions

Selon le ministère de la Santé, les doses de vaccin sont équitablement réparties entre départements, proportionnellement à la population à vacciner. Seulement ce n'est pas ce que disent les données officielles. L'œil du 20 heures a cherché à savoir pourquoi.

Selon les autorités, les vaccins sont répartis proportionnellement au nombre de patients prioritaires à vacciner dans chaque département. Pourtant, les données publiques montrent plutôt des inégalités : certains départements auraient reçu beaucoup de doses pour peu d’habitants à vacciner, quand d’autres se sentent lésés. Pourquoi ? L’œil du 20 heures a enquêté.

Quand on rapporte le nombre de doses livrées dans chaque département au nombre d’habitants à vacciner en priorité (les plus de 75 ans et les soignants de plus de 50 ans ou avec des comorbidités), tout le monde ne semble pas logé à la même enseigne (voir carte ci-dessous). 

Selon nos calculs basés sur ces données publiques, le Jura par exemple, a reçu à ce jour 83 doses de vaccin pour 100 habitants prioritaires. Quand son voisin la Saone-et-Loire en a touché beaucoup moins : seulement 35 doses pour 100 patients à vacciner.

A Lons-le-Saunier dans le Jura, où on vaccine plus de 1000 habitants par semaine, le maire (PS) Jean-Yves Ravier n’est pas étonné d’être mieux doté qu’ailleurs : "c’est surtout qu’au début on était avec un taux d’incidence très élevé, on était en rouge foncé, donc c’est peut-être pour ça qu’au début l’Etat a souhaité qu’il y ait une vaccination peut-être en proportion plus importante au niveau du Jura que sur d’autres départements. Sans doute qu’il y a un petit rééquilibrage qui va se faire".

Le ministère de la Santé confirme avoir réservé les premières livraisons de vaccins Moderna aux départements les plus touchés par l’épidémie, dont le Jura faisait partie le mois dernier.

D’autres départements semblent avantagés dans les dotations en vaccins, sans que l’épidémie paraisse le justifier. C’est le cas de la Creuse et la Lozère, les deux départements les moins peuplés du pays. Ils ont reçu respectivement 70 et 74 doses pour 100 habitants éligibles à la vaccination : c’est moitié plus que la moyenne nationale.

Le Gard, voisin de la Lozère, compte 10 fois plus d’habitants, et n’a lui reçu que 36 doses pour 100 habitants à vacciner. Dans le centre de vaccination d'Aigues-Mortes, qui tourne au ralenti, l'adjoint au maire chargé de la vaccination, Arnaud Fourel, n’a pas d’explication. "C’est un constat et c’est vrai qu’on n’est pas sur de l’égalité. Nous sommes les premiers interpellés par la population."

Contactée, l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie n’a pas été en mesure de nous expliquer ces disparités entre Gard et Lozère. Mais elle assure que les prochaines livraisons permettront de rectifier le tir. 

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Quelques précisions

Sur notre carte, le Territoire de Belfort semble particulièrement favorisé, avec 106 doses livrées pour 100 habitants prioritaires. Mais c'est une situation particulière : comme nous le confirme l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté, les doses de vaccins livrées à l'hôpital Nord-Franche-Comté, qui se situe dans le Territoire de Belfort, sont ensuite redistribuées "bien au-delà du seul Territoire de Belfort", ce qui n'apparaît pas dans les données publiques.

Enfin, si l'on considère uniquement la répartition des doses de vaccin Pfizer, pour laquelle les taux d'incidence par départements n'entrait pas en compte, le résultat semble moins disparate (voir carte ci-après). La Creuse, la Lozère et Paris apparaissent néanmoins toujours particulièrement favorisées en nombre de doses par habitant prioritaire.

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