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Vidéo "J'ai peur de ne pas différencier l'angoisse du coronavirus, j'ai peur de mourir, en fait" : Orlane, hypocondriaque, à l'épreuve de la pandémie

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Envoyé spécial.  "J'ai peur de ne pas différencier l'angoisse du coronavirus, j'ai peur de mourir, en fait" : Orlane, hypocondriaque, à l'épreuve de la pandémie
COMPLÉMENT D’ENQUÊTE / FRANCE 2
Article rédigé par
France Télévisions

Ils ne sont pas malades du coronavirus, mais ils souffrent vraiment. La peur de contracter l'infection s'ajoute de façon insupportable à leurs angoisses quotidiennes. Mais il faut bien finir par faire ses courses... "Complément d'enquête" a accompagné Orlane, une jeune femme diagnostiquée hypocondriaque, au supermarché.

"On en rigole trop, on pense qu'on fait des manières, qu'on en fait trop, alors que c'est une vraie souffrance. Ce n'est pas assez pris au sérieux", selon elle. Au tout début de la pandémie, ses précautions suscitaient beaucoup de moqueries. Aujourd'hui, elle voit de plus en plus de monde l'imiter.

Au supermarché où l'a accompagnée une journaliste de "Complément d'enquête", Orlane porte un masque et des gants. Elle utilise la manche de son manteau pour caler la porte de l'armoire réfrigérée et reconnaît avoir "trop peur quand les gens s'approchent". Même les "personnes qui n'étaient pas du tout hypocondriaques (...) développent des angoisses à cause de ce virus", dit cette jeune employée de vente qui, elle, a été diagnostiquée en 2016. 

Sous traitement anxiolytique pour gérer la phobie d'être infectée

Depuis qu'elle a vu l'épidémie débuter en Chine, Orlane sort le moins possible. Ce jour-là, c'est la première fois qu'elle fait ses courses depuis deux semaines. En cette fin de matinée, les acheteurs sont peu nombreux dans les allées. Mais pour la jeune femme, c'est déjà une épreuve. "J'ai des palpitations, beaucoup de vertiges, la tête qui tourne", décrit-elle. Pour elle, tout dans le supermarché, des clients aux produits en passant par les vitrines, est forcément contaminé. 

Avant l'épidémie de coronavirus, faire un infarctus était sa hantise. Plus de cinq fois par jour, elle était persuadée que son cœur allait s'arrêter de battre. Aujourd'hui, son traitement anxiolytique l'aide à gérer sa phobie d'être infectée. "J'ai peur des complications, d'avoir du mal à respirer, et d'avoir du mal à différencier l'angoisse du coronavirus (...). J'ai peur… de mourir, clairement." Le décès d'une adolescente à la fin du mois de mars n'a pu que fournir un motif supplémentaire à ses angoisses : "Je me dis toujours 'Pourquoi cette fille de 16 ans, et pas moi ?'" 

Extrait de "Les angoissés du virus", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 23 avril 2020.

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