VIDEO. Covid-19 : "Nous avons indiqué à nos hôpitaux qu'ils devaient prévoir d'accueillir des patients", a annoncé Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP

Martin Hirsch estime "logique" de rendre service aux autres régions après la solidarité dont a bénéficié l'Île-de-France en mars. Par ailleurs, il engage vivement les personnes souffrant d'un cancer ou présentant des symptômes à ne pas retarder le dépistage et les soins. "Ça ne doit pas attendre", insiste-t-il.

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

L'hypothèse d'un transfert de patients malades du coronavirus entre régions, et pas seulement du Grand Est vers l'Allemagne, est "possible et on y travaille", a expliqué sur France Inter lundi 9 novembre le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) Martin Hirsch. "On travaille à pouvoir faire en sorte que l'ensemble des capacités du territoire soit le mieux utilisé possible", a développé Martin Hirsch.

"Nous, en Île-de-France, on se dit disponible dans les jours qui viennent, si on peut aider des régions qui seraient en situation plus difficile et ça me paraît logique, explique Martin Hirsch. La région Île-de-France a bénéficié de la solidarité de toute la France pendant le mois de mars""Probablement qu'on déclenchera [des transferts] si le gouvernement le décide. En tout cas, nous avons indiqué à nos hôpitaux qu'ils devaient prévoir, dans la programmation des jours qui viennent, de pouvoir accueillir des patients", a indiqué le directeur de l'AP-HP sur la question des transferts.

Les professionnels font des heures sup et ne prennent pas de congés pour soigner tout le monde

Environ 50% de l'activité des hôpitaux de Paris a été déprogrammée pour pouvoir accueillir les patients malades du Covid-19, a révélé Martin Hirsch. "Il y a une étude anglaise qui montre qu'un mois de retard dans la prise en charge d'un cancer a des répercussions sur l'espérance de vie, mentionne-t-il. Les équipes sont mobilisées pour faire au mieux. Elle ont trouvé qu'au printemps, des patients ont pu se mettre en danger.

Ce qui nous inquiète, ce sont les patients qui ne feraient pas de dépistage ou d'examen pour confirmer un diagnostic. Donc le message, c'est que si vous avez des symptômes, engagez-vous dans la filière de soin !

Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP

à France Inter

"Un patient qui est déjà engagé dans des soins, les médecins ont ses coordonnées et peuvent l'appeler. Mais celui qui doit s'engager peut être réticent, hésiter, se dire que ça attendra quelques mois. Ça ne doit pas attendre", insiste Martin Hirsch.

Le directeur général de l'AP-HP rappelle le cap qu'il a fixé : "Tous les Covid, mais pas tout Covid. C'est-à-dire que depuis la première vague, nous avons en ligne de mire de ne pas arrêter les autres activités. Des réflexions ont été conduites sur comment on fait en sorte de ne pas avoir à faire des choix au détriment des patients", prenant l'exemple des professionnels qui font "des tas d'heures supplémentaires ou renoncent à leurs congés". "Si on laissait la tendance spontanée [de la deuxième vague] se faire, on aurait pu être confronté à ce genre de dilemme épouvantable. Là, je pense qu'on peut avoir un peu de décalage dans la prise en charge pour certains patients, mais pas ceux qui sont les plus urgents", a conclu Martin Hirsch.

Le directeur général de l\'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, sur France Inter le 9 novembre 2020.
Le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, sur France Inter le 9 novembre 2020. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)