Le variant Omicron "s'est probablement répandu insidieusement dans les différents territoires européens", selon Antoine Flahault

Selon l'épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université, le variant Omicron est probablement déjà présent partout dans le monde.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Des personnes portant de masque dans la rue en raison d'une résurgence du Covid-19. (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

"Ça ne m'étonnerait pas du tout" que le variant Omicron se soit "répandu insidieusement dans les différents territoires européens", a commenté l'épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève Antoine Flahault lundi 29 novembre sur franceinfo, alors que "huit cas possibles" du variant ont été détectés en France selon le ministère de la Santé. Leur séquençage est en cours.

franceinfo : Faut-il se garder de paniquer face au variant Omicron ?

Antoine Flahault : Oui, il faut bien. De toute façon, des variants on en a, on en aura de nouveau. Ce n'est pas le dernier des variants de cette pandémie malheureusement donc ce qu'il faut, c'est faire ce que l'on sait, c'est-à-dire anticiper peut-être des scénarios catastrophistes, des scénarios du pire mais au moins on n'aura que des bonnes surprises à la fin.

La fermeture des frontières peut-elle être efficace contre l'avancée du variant Omicron ?

La fermeture des frontières n'est efficace que si c'est fait précocement, très tôt, dans la diffusion d'un agent infectieux. On a vu dans cette pandémie que ceux qui ont été assez vigilants sur leurs frontières ont plutôt eu des gains en termes sanitaires par rapport à ceux qui avaient laissées très poreuses leurs frontières. Le grand problème que l'on a c'est que la France et la Suisse ne sont pas des îles au milieu de l'océan, donc il est beaucoup plus difficile de sécuriser des frontières à l'intérieur de l'espace Schengen que des frontières de la Nouvelle-Zélande ou de l'Islande.

La suspension des vols entre la France et l'Afrique du Sud est-elle une solution ?

Je pense que tout ce qui pourra un peu retarder l'arrivée massive du variant sur le territoire tant qu'on n'en connaît pas plus sur ce variant sera bienvenu. On peut très bien comprendre que les États fassent un peu attention. C'est vrai que les Sud-Africains sont très blessés parce qu'ils ont été très alertes sur le séquençage du virus, ils ont réussi à détecter ce variant et ils ont l'impression un peu d'en payer les conséquences aujourd'hui. Je pense que ça va être pour peu de temps parce que, probablement, on va vite se rendre compte que le variant est déjà très présent partout dans le monde. Il a probablement émergé - peut-être pas en Afrique du Sud d'ailleurs – il y a plusieurs semaines et, maintenant qu'on l'a détecté, il est probablement déjà pas mal répandu.

Le ministère de la Santé dit que huit cas "possibles" ont été détectés en France. Le séquençage est en cours. Omicron pourrait être déjà là ?

Quand on voit qu'il est déjà dans plusieurs pays du monde et même au Canada, qu'il a traversé l'Atlantique, on peut penser qu'aujourd'hui il s'est déjà répandu, probablement, de façon insidieuse. C'est un coronavirus. On connaît bien les coronavirus, on sait que la plupart des contaminations ont lieu avec des personnes qui ne sont pas symptomatiques et donc beaucoup de formes sont très mineures. D'ailleurs les Sud-Africains ont plutôt détecté des formes mineures de ce variant sur le plan clinique. Il s'est probablement répandu insidieusement dans les différents territoires européens, ça ne m'étonnerait pas du tout.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Variant Omicron

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.