Variant britannique à Marseille : "La présence du virus monte de manière très inquiétante", alerte le maire Benoît Payan

"On teste toutes les eaux usées des immeubles, des appartements, et des villas où se trouvent ces personnes pour regarder l'évolution virale", a expliqué sur franceinfo le maire PS de Marseille.

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Radio France
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Benoit Payan, maire PS de Marseille, le 7 janvier 2021. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

"La présence du virus monte de manière très inquiétante", alerte dimanche 10 janvier sur franceinfo le maire PS de Marseille Benoît Payan. "J'ai des informations qui reviennent de l'analyse des eaux usées", explique-t-il. Sept nouveaux cas de variant du virus britannique ont été détectés dans la ville, après la détection d'un premier cas chez une personne "revenant de Londres en famille pour passer les fêtes de fin d'année".

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"On a réagi dans l'heure", assure Benoît Payan. "Il n'y a pas d'autre exemple en France d'une telle rapidité." Selon lui, la ville de Marseille a la chance de disposer du bataillon des marins-pompiers déployé dans cette recherche des cas contacts des personnes testées positives ces dernières heures. "On teste toutes les eaux usées des immeubles, des appartements, et des villas où se trouvent ces personnes pour regarder l'évolution virale."

franceinfo : Quelles mesures avez-vous mis en place pour limiter cette propagation du variant très contagieux du virus ?

Benoît Payan : On a réagi dans l'heure. Il n'y a pas d'autre exemple en France d'une telle rapidité. On a la chance à Marseille d'avoir le bataillon des marins-pompiers, le plus grand corps de la Marine nationale. On est donc en capacité, et c'est ce que nous avons fait, de se déployer dans les heures qui suivent pour pouvoir trouver les personnes susceptibles d'être porteuses du virus. Hier [samedi] après-midi, les autorités sanitaires m'ont indiqué qu'on avait un cas avéré de variant britannique du virus à Marseille. On a demandé à nos marins-pompiers de se mobiliser et de mobiliser dix unités mobiles de tests PCR et deux unités d'intervention biologique, notamment là où l'ARS nous indique les adresses des personnes cas contacts. On les teste, on teste leur environnement, leurs voisins, leur famille, leurs cas contacts… On teste aussi toutes les eaux usées des immeubles, des appartements, et des villas où se trouvent ces personnes pour regarder l'évolution virale.

Vous souhaitez également renforcer les contrôles à l'aéroport de Marseille. Faut-il aller plus loin et étendre ces contrôles à tous les aéroports nationaux ainsi qu'aux frontières ?

Il appartient bien évidemment au gouvernement de faire ces choix, avec les informations dont il dispose. Pour l'aéroport de Marseille, il me paraît aujourd'hui nécessaire d'intensifier les contrôles. Bien évidemment, l'Etat a mis en place des tests, mais je sais qu'il y a des personnes qui passent entre les mailles du filet.

"On voit bien que le variant du virus est extrêmement virulent."

Benoît Payan

à franceinfo

Par exemple, pour ce cas spécifique à Marseille, la moitié des cas contacts de la personne contaminée au variant britannique sont positifs. Sept sont positifs au variant britannique, 16 sont positifs au Covid-19 classique. Donc, ça va très vite. Le variant est très virulent.

Marseille, et les Bouches-du-Rhône, sont concernées dès ce dimanche soir par l'avancement du couvre-feu à 18 heures. Qu'en pensez-vous ?

Je suis dans une situation où, depuis un certain nombre de jours, j'ai des informations qui reviennent de la présence du virus dans les eaux usées. On voit que ça monte de manière très inquiétante et je sais depuis hier que le variant du virus circule dans la ville. Je ne vais donc pas m'insurger contre une mesure qui va peut-être ajouter quelque chose d'efficace. Toutefois, je ne crois pas au couvre-feu comme solution miracle. Bien évidemment que le passage de 20 heures à 18 heures ne sera pas suffisant. Le seul confinement qui fonctionne, c'est le confinement général. On ferme les écoles, on ferme les entreprises, on reste chez soi. Mais je ne sais pas si c'est aujourd'hui supportable. Ce que je pense, c'est qu'il faut vacciner. C'est le vaccin qui nous sauvera du virus et c'est notre seule lueur d'espoir. Aujourd'hui, j'ai 15 000 doses de vaccins à Marseille. Ça n'est pas suffisant. J'appelle le gouvernement à fournir plus vite encore les doses de vaccins nécessaires partout dans le pays. Je sais que les laboratoires mettent du temps mais je suis prêt à mettre en place des lieux où on pourra se faire vacciner partout en ville, dans des lieux emblématiques comme le stade Vélodrome, comme dans des lieux beaucoup plus petits et éloignés du centre-ville. Je le ferai avec le bataillon des marins-pompiers. Nous avons cette chance à Marseille d'être les premiers capables d'étendre la vaccination sur l'ensemble du territoire.

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