Vaccins : "Une course contre-la-montre pour l'intérêt général"

Alors que la course aux vaccins est lancée depuis plusieurs semaines dans le monde, peut-on dire que l'on assiste à un "business" ? Frédéric Bizard, économiste et président de l'Institut de Santé, tente d'y répondre dans le 23h.

Face à la pandémie de coronavirus, assiste-t-on à une guerre des vaccins ? "C'est une course contre-la-montre pour l'intérêt général où vous avez des ressources financières comme cela n'a jamais été déversé pour arriver à trouver le candidat-vaccin. Vous en avez plus de 100. Il n'y en aura plus qu'une dizaine très rapidement. C'est un investissement à très haut risque avec des laboratoires qui essayent de mutualiser sur différentes source financières pour ne pas avoir à porter ce fardeau", explique Frédéric Bizard.

Les États-Unis en positon de force ?

À quoi jouent les Etats-Unis, notamment après la polémique avec Sanofi ? "On peut comprendre qu'un laboratoire, qui est privé, à but lucratif, essaie de minimiser son risque par rapport à un investissement qui a de fortes chances de n'aboutir à aucun revenu. En revanche, lorsque vous êtes sur une abondance de ressources publiques comme privées pour trouver ce vaccin, on peut s'étonner de la contrepartie accordée aux Américains contre quelques centaines de millions et l'exclusivité de la première dose ainsi qu'être les premiers servis. Il y a une 'disproportionnalité' entre les deux mais c'est la façon de faire de Monsieur Trump (qui avait déjà essayé de mettre la main sur un laboratoire allemand) qui dérange", souligne Frédéric Bizard.

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(NICOLAS ASFOURI / AFP)