Vidéo Covid-19 : les vaccins produits en France ne seront pas "spécifiquement pour les Français", confirme Agnès Pannier-Runacher

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Ils contribueront à la "montée de la capacité de production de l'ensemble de l'Union européenne", explique la ministre déléguée chargée de l'Industrie.

La production de vaccins contre le Covid-19 commence mercredi 7 avril dans l'usine de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir) du laboratoire Delpharm, pour le compte du laboratoire allemand BioNTech, partenaire de l'américain Pfizer. Dans les prochains mois, cinq sites industriels devraient produire des vaccins en France. "Ce ne sont pas des doses spécifiquement pour les Français", a toutefois précisé ce mercredi sur franceinfo Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie.

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franceinfo : À quel niveau le gouvernement est-il engagé dans cette production ?

Agnès Pannier-Runacher : La France fabrique parce que nous nous sommes mobilisés en juin. Ce démarrage de ligne de production est soutenu par le gouvernement, il fait suite à un appel de projet qui a été lancé en juin 2020, nous le cofinançons. Dans deux semaines ce sera au tour de Recipharm de démarrer sa production pour Moderna et fin mai, début juin, ce sera au tour de Fareva pour le CuRevac.

Combien de doses vont produire ces sites cette année ?

Entre les quatre sites nous pourrons produire 250 millions de doses d'ici la fin de l'année. Ce ne sont pas des doses spécifiquement pour les Français. Nous avons une partie de la chaîne de production et le principe actif est fourni par différents pays. Comme nous avons réussi à organiser une chaîne de production européenne, qui nous permet d'avoir des doses, nous renverrons nos doses pour participer à la montée de la capacité de production de l'ensemble de l'Union européenne.

Sanofi et Pasteur ont plusieurs projets de vaccin. Aurons-nous la capacité de les produire en masse en France ?

Oui, tout à fait. Pour Sanofi, dont le vaccin est le plus avancé en France, les doses seront produites intégralement en France sur le site de Vitry. Donc l'ensemble du principe actif et du flaconnage sera réalisé par Sanofi en France. Cela viendra en complément, probablement sur une logique de variants et de rappel puisque cela devient les nouveaux sujets. Nous avons anticipé trois sujets, la vaccination des enfants, nous suivons de très près les essais cliniques qui sont en train de se développer. On regarde où en sont les effets cliniques.

Après AstraZeneca, c'est au tour de Pfizer d'avoir des retards de livraison. Quelles vont être les incidences ?

Ce n'est pas un décalage c'est la manière d'enregistrer les doses. La dernière semaine de mai commence le 30 mai, les livraisons sont comptées par la France étant en mai, BioNtech compte les dates exactes de livraisons qui sont le 1er et le 3 juin. C'est donc juste une question de convention. Nous avons reçu trois millions de doses la semaine dernière, le rythme de vaccination a doublé.

Est-ce que le contrôle par l'Europe des livraisons des vaccins AstaZeneca fonctionne ?

À ce stade nous avons sécurisé les doses qui devaient venir au mois d'avril. C'est-à-dire que les 16 millions de doses qui ont été bloquées en Italie ce sont des doses qui seront pour le marché de l'Union européenne. Il y avait également 13 millions de doses qui étaient destinées aux pays en développement. Si on qualifie que se sont bien des doses pour les pays en développement on les laissera partir si c'est le contraire on est capable de les bloquer pour les redonner au marché européen.

Pensez-vous que l'on pourra se passer de ce vaccin ?

Si on veut arriver rapidement à l'immunité collective des adultes, ce qui est notre objectif, il faut compter sur le vaccin AstraZeneca. Il a fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché. Nous avons aujourd'hui millions de personnes qui sont vaccinées avec. Je ne suis pas médecin mais l'Agence du médicament européenne est l'une des plus strictes au monde sur les questions d'efficacité et de sécurité. Elle a précisé que le bénéfice du vaccin AstraZeneca était considérable et qu'il fallait s'appuyer sur cette vaccination.

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