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Variant indien : "nous devons tout faire pour retarder le plus possible son arrivée en France", estime l'infectiologue Christian Rabaud

 Pour le professeur, "il est probablement déjà là mais on peut le ralentir au maximum".

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Radio France
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File d'attente pour le test antigenique à l'aéroport de Roissy près de Paris, en avril 2021 (BENJAMIN  ILLY / FRANCE-INFO)

Alors que le variant indien du coronavirus a été détecté en Suisse, le professeur Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissements du CHRU de Nancy estime ce samedi 24 avril sur franceinfo que "nous devons tout faire pour retarder le plus possible son arrivée en France". 

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franceinfo : Dernières nouvelles inquiétantes sur le front du Covid : l'apparition du variant indien. En sait-on plus à son sujet ?

Christian Rabaud : On sait qu'il est plus transmissible que la souche originale du Covid. Mais rien ne permet de dire s'il sera plus transmissible que le variant anglais ou s'il pourra s'implanter là où le variant anglais est déjà présent. Quoi qu'il en soit, nous devons tout faire pour retarder le plus possible son arrivée en France. L'empêcher d'arriver est impossible, il y a 1,3 milliards d'Indiens et le virus circule très vite, il est d'ailleurs probablement déjà là mais on peut le ralentir au maximum. Gagner du temps est toujours important car cela permet de faire avancer la vaccination.

Une vaccination qui pourra se faire prochainement grâce au vaccin produit par le laboratoire Jansen. Comme celui d'AstraZeneca, il est a mauvaise réputation. Comment convaincre la population de recevoir l'injection Jansen ?

AstraZeneca et Jansen fonctionnent de la même façon : avec un vecteur viral appelé adénovirus. Ils présentent la même complication potentielle avec la même fréquence : environ un cas de trombose grave sur un million. Malgré la méfiance de certains, aujourd'hui beaucoup veulent être vaccinés, peu importe le laboratoire. Je dirais donc qu'il faut d'abord permettre à ces volontaires de recevoir l'injection. Commençons par servir celles et ceux qui le souhaitent - et ils sont nombreux - et les autres y viendront plus tard, avec peut-être l'accès à un vaccin à ARN s'ils prennent le risque d'attendre leur injection plus longtemps. Je ne m'inquiète pas : ces vaccins trouveront preneurs. Les médecins généralistes nous rapportent que certains patients leur demandent depuis des semaines.

Que pensez-vous de la levée d'une partie des restrictions le 3 mai ?

Le problème de la réouverture des écoles est complexe. On sait bien sûr que quand le virus circule entre enfants, il circule plus rapidement. Mais ces contaminations concernent aussi tous les adultes qui gravitent autour d'eux. Pouvoir vacciner ces personnes est donc très important, c'est ce qui a débuté avec la vaccination des enseignants.

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