Vaccins Covid-19 : la 2e injection retardée, "peut-être une petite perte d'efficacité", selon l'infectiologue Odile Launay

"Cela va permettre de vacciner plus de personnes en attendant d'avoir un plus grand nombre de doses" a expliqué Odile Launay,  qui appartient au comité scientifique vaccin Covid-19.

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Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"On aura peut-être une petite perte d'efficacité, mais elle sera très largement compensée par le nombre de personnes qu'on va pouvoir vacciner", a expliqué vendredi 8 janvier sur franceinfo l'infectiologue Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid-19, alors que le gouvernement envisage de différer la deuxième injection du vaccin Pfizer-BioNTech "jusqu'à six semaines au lieu de trois".

franceinfo : L'objectif du gouvernement est d'un million de personnes vaccinées en janvier. Il envisage d'allonger le délai entre les deux doses du vaccin, six semaines au lieu de trois. Sera-t-il toujours aussi efficace ?

Odile Launay : Dans les données d'enregistrement, les administrations des doses ont été jusqu'à six semaines. Donc, on a des données qui permettent d'élargir cet intervalle. Cela va permettre de vacciner plus de personnes en attendant d'avoir un plus grand nombre de doses.

"Les données montrent qu'après une première dose, il y a une efficacité. La deuxième dose a pour objectif essentiellement de maintenir cette efficacité sur le moyen terme."

Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid-19

à franceinfo

On aura peut-être une petite perte d'efficacité, mais elle sera très largement compensée par le nombre de personnes qu'on va pouvoir vacciner.

Peut-on parler de pénurie ?

Je ne sais pas si on peut parler de pénurie. C'est exceptionnel d'avoir un vaccin aussi rapidement donc est-ce que c'est une pénurie, non. C'est une mise en route de la production. Il faut laisser le temps à ce que la production se mette en route à très grande échelle puisqu'il faut vacciner un nombre exceptionnellement important de personnes. Pour l'instant 500 000 doses sont livrées par semaine. Cela permet de vacciner 2 millions de personnes.

Les États-Unis envisagent de ne délivrer qu'une seule dose de vaccin. Qu'en pensez-vous ?

C'est évidemment une politique de crise sanitaire qui a l'objectif de vacciner un très grand nombre de personnes dans un pays où la circulation du virus est très intense avec un nombre de décès qui est extrêmement important. L'objectif c'est d'aller plus vite, quitte à faire dans un deuxième temps faire cette deuxième dose.

Les Anglais proposent de faire un mélange entre deux vaccins. Est-ce envisageable chez nous ?

Les Anglais sont toujours plus pragmatiques dans le domaine de la vaccination. Ces vaccins sont très proches et la difficulté qui risque de se poser c'est que, s'il se passe quelque chose, il va être difficile de savoir à quel vaccin imputer l'effet indésirable éventuel.

Les flacons de vaccins Pfizer qui contiennent théoriquement 5 doses pourraient permettre d'en délivrer 6 ou 7. Qu'en est-il ?

C'est exact. Pour l'instant l'autorisation de mise sur le marché est de 5 doses, il faut qu'on ait l'autorisation d'utiliser cette sixième dose.

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