Vaccins contre le Covid-19 : les eurodéputés demandent à la commission européenne de la transparence sur les contrats passés avec les labos

La Commission Européenne a négocié avec les laboratoires mondiaux les plus en pointe pour s’assurer que les pays de l'Union européenne auront assez de doses. Mais certains parlementaires européens demandent depuis plusieurs semaines à la commission de rendre les contrats publics.

Article rédigé par
Angélique Bouin, édité par Pauline Pennanec'h - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un ingénieur montre un vaccin expérimental contre le Covid-19 à Pékin, en avril 2020. Photo d'illustration.
 (NICOLAS ASFOURI / AFP)

La course aux vaccins contre le Covid-19 s’accélère. En Europe, la Commission Européenne a pré-commandé 1 800 millions de doses auprès de cinq laboratoires et négocie avec le sixième Moderna, pour un total de 2 milliards de doses. Mais l’opacité dans laquelle ces contrats sont négociés inquiète certains parlementaires européens qui demandent depuis plusieurs semaines à la commission de les rendre publics, en vain !

Les eurodéputés mettent la pression. Pascal Canfin, le président de la commission Santé, estime que sans transparence, les citoyens, inquiets par la vaccination, ne se laisseront pas convaincre.

"Comment peut-on imaginer continuer à avancer sur ce vaccin sans savoir qui est responsable de quoi en cas d’effets secondaire ?"

Pascal Canfin, eurodéputé

à franceinfo

En cas de défaut d’un vaccin, ce sont les laboratoires qui indemniseront les malades, martèle la commission. Elle indique avoir suivi scrupuleusement les règles européennes en la matière mais sans s’appesantir sur les clauses d’exceptions. Or il y en a, selon plusieurs sources. En cas de défaut "que le laboratoire ne pouvait pas connaître", ce sera aux États de payer d’éventuelles indemnisations.

L'opacité des sommes versées dénoncée

"Sans certaines garanties, nous n’aurions pas investi", a d’ailleurs reconnu lors d’une audition parlementaire Jean Stephenne, l’un des dirigeants du laboratoire Curevac. "On prend dans ce dossier un risque maximum ! Les industries doivent être protégées si vous voulez que l’on continue à développer des technologies !", a-t-il affirmé.

L’opacité sur les sommes versées aux laboratoires pour lancer la production des vaccins avant même leur validation médicale est également dénoncée. C’est de l’argent public, pioché dans le fond d’urgence européen doté de 2 milliards d’euros. Combien a-t-on donné et à qui ? Quelle sera la facture finale ? "Ce n’est pas dans notre intérêt de dévoiler à certains laboratoires ce que l’on a négocié avec d’autres", répond la commission.

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