Vaccination des soignants : "Il y a eu une communication extrêmement mal gérée par rapport au vaccin AstraZeneca", juge un chercheur

Un tiers de soignants ont déjà reçu une première injection de vaccin contre le Covid-19. C'est trop peu pour le ministre de la Santé qui les incite à aller se faire vacciner.

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Radio France
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Une dose de vaccin AstraZeneca contre le Covid-19. (HANNIBAL HANSCHKE / POOL)

"Il y a eu une communication extrêmement mal gérée par rapport à ce vaccin AstraZeneca", a estimé Antoine Bristielle, chercheur à Sciences Po Grenoble, vendredi 5 mars sur franceinfo. Il est l’auteur d’une étude sur la défiance face aux vaccins en France, pour la Fondation Jean Jaurès. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé la veille qu’il allait écrire aux personnels soignants pour les inciter à se faire vacciner contre le Covid-19. Un tiers d’entre eux ont déjà reçu une première dose.

franceinfo : La réticence de certains personnels soignants vous étonne-t-elle ?

Antoine Bristielle : Non. C'est assez logique parce qu’on voit finalement au sein des personnels soignants qu'il y a des différences entre les catégories. Par exemple, l'acceptation de la vaccination est bien plus importante chez les médecins qu'elle ne l'est chez les aides-soignants. Il y a seulement 30% des aides-soignants qui déclarent qu'ils accepteront de se faire vacciner. Et ces différences-là, en termes de catégories socioprofessionnelles, on les retrouve aussi au sein de la population française. C'est quelque chose qui est assez commun avec le reste de la population. Et puis, les raisons qui sont invoquées aussi : la crainte des effets secondaires, la volonté de ne pas être des "cobayes". Ce sont aussi des raisons qui sont assez communes avec les personnes qui sont réticentes au sein de la population française.

Cela veut dire qu'on peut être à la fois informé et sceptique ?

Oui, c'est ça. Il peut y avoir aussi une particularité de ce personnel soignant, c'est d'avoir une accoutumance par rapport au Covid, d'être tout le temps en contact avec ce virus et de finalement en avoir moins peur que des personnes qui le verraient moins. Et c'est pour cela qu'il peut y avoir aussi ces résultats et le fait que beaucoup déclarent qu'ils n'accepteront pas de se faire vacciner.

La méfiance envers le vaccin d’AstraZeneca n’a-t-elle pas été alimentée par des propos officiels ? On se souvient d’Emmanuel Macron, il y a quelques semaines, disant qu’il était sans doute inefficace pour les plus de 65 ans.

Oui, bien sûr. On le voit assez bien. Il y a vraiment quelque chose de conjoncturel avec ce vaccin AstraZeneca, qui est différent du vaccin de Pfizer, où il y a une confiance plus importante. Et il y a eu une communication extrêmement mal gérée par rapport à ce vaccin AstraZeneca, qui fait que beaucoup à l'heure actuelle, disent : "J’attends d'avoir des vaccins qui seront plus efficaces et notamment d'avoir le retour du vaccin Pfizer en mars". C'est aussi une des raisons qui expliquent qu'à l'heure actuelle, il y a eu cette problématique au mois de février, avec la moindre acceptation de la vaccination.

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