Vaccination des adolescents : "Je ne suis pas sûr qu'ils soient le problème essentiel aujourd'hui", estime un pédiatre infectiologue

"On ne va pas vacciner les adolescents à la place des adultes. Vacciner les adultes est plus efficace car ils ont plus de risques de faire des formes graves", défend le professeur Cohen.

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Radio France
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Un adolescent de 14 ans vacciné contre le Covid-19 en Allemagne (illustration). (FRANK HOERMANN / SVEN SIMON / AFP)

La vaccination contre le Covid-19 des mineurs de plus de 12 ans est évoquée en Conseil de défense sanitaire mercredi 2 juin. La Haute autorité de Santé doit se prononcer cette semaine sur la question. "Je ne suis pas sûr que les adolescents soient le problème essentiel aujourd'hui", réagit sur franceinfo le professeur Robert Cohen. Le pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et président du Conseil national professionnel de pédiatrie tient ces propos.

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franceinfo : Quel serait l'intérêt d'ouvrir la vaccination aux adolescents ?

Pr Robert Cohen : Pour eux, ce serait probablement une clef pour un retour à une vie normale. Ça veut dire, par exemple, une école avec une fréquentation normale, après les demi-jauges qu'on a connues, mais aussi une meilleure vie sociale. Toutefois, on ne va pas vacciner les adolescents à la place des adultes. Vacciner les adultes est plus efficace car ils ont plus de risques de faire des formes graves. Le bon moment pour vacciner les adolescents sera probablement à la fin de l'été ou en septembre, nous verrons bien.

Que se passera-t-il si un adolescent veut se faire vacciner, mais que ses parents s'y opposent ? Pourra-t-il recevoir l'injection ?

La vaccination des adolescents suppose leur accord et celui de leurs parents. C'est le cas pour tous les vaccins. On a l'expérience, par exemple, des vaccins HPV (contre le papillomavirus) proposés aux adolescents. On sait qu'en général, très rapidement, la famille se met d'accord, soit en faveur, soit en défaveur de la vaccination. Nous l'espérons en faveur.

Avant de vacciner les adolescents, ne faudrait-il pas d'abord vacciner les adultes des pays défavorisés qui parfois n'ont pas assez de vaccins ?

C'est une vraie question, une vraie problématique. Je ne suis pas sûr que les adolescents soient le problème essentiel aujourd'hui. On peut imaginer que des variants vont survenir dans d'autres pays. Nous l'avons bien vu avec les variants brésilien, sud-africain ou encore indien, par exemple. On ne peut pas fermer nos frontières tout le temps. Je pense que ce problème se posera encore plus quand la question ne sera pas de vacciner des adolescents, mais de vacciner les enfants. Là, le poids de ce qui se passe dans les autres pays sera assez considérable.

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