Vaccin AstraZeneca : "10 doses" pour les médecins libéraux, "ce n'est vraiment pas beaucoup", selon la CSMF

Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français, prévient du retard que la France va prendre dans la campagne de vaccination contre le Covid-19 à cause d'une procédure imposée tardivement par le ministère de la Santé.

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Radio France
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Un flacon du vaccin contre le Covid-19 développé par les laboratoires AstraZeneca. (ALAIN JOCARD / AFP)

La vaccination contre le Covid-19 dans les cabinets des médecins libéraux, qui doit démarrer le 25 février, risque un "retard au démarrage" à cause d'une procédure imposée tardivement par le ministère de la Santé, selon un syndicat de pharmaciens. Les médecins "volontaires" avaient jusqu'à mercredi soir pour se manifester auprès de leur pharmacie "de référence", s'ils veulent recevoir un flacon de 10 doses du vaccin AstraZeneca la semaine prochaine. "10 doses ce n'est vraiment pas beaucoup", déclare mercredi 17 février sur franceinfo Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

franceinfo : Comment cela va se passer avec les médecins ?

Jean-Paul Ortiz : Les médecins généralistes peuvent s'inscrire auprès des pharmaciens ce soir. On le sait depuis vendredi soir seulement par une circulaire de la Direction générale de la santé, on a été avertis très tardivement. On va avoir le flacon de 10 doses, a priori, en début de semaine prochaine et on conseille aux médecins généralistes de prévoir les vaccinations à partir de jeudi prochain, 25 février. Il faut que le médecin vaccine les patients entre 50 ans et 64 ans qui ont des comorbidités. Il faut qu'il prévoie à l'avance dans sa clientèle celles et ceux qui sont le plus à risque.

Pourquoi faut-il prévoir à l'avance ?

Les patients sont très demandeurs, c'est très bien, les Français veulent se faire vacciner. On a des patients presque en pleurs qui nous disent qu'ils veulent se faire vacciner, qu'ils n'arrivent pas à obtenir de rendez-vous, que sur la plateforme il n'y a aucun rendez-vous possible. Nos patients sont demandeurs donc cela veut dire que l'on va pouvoir très vite vacciner les dix premiers patients. Mais il faut l'organiser à l'avance. Quand on est seul dans un cabinet c'est un petit peu plus compliqué, c'est plus facile quand on est dans un cabinet de groupe ou dans un centre de vaccination organisé par les médecins libéraux. L'offre de vaccination est importante mais il manque des vaccins parce que dix doses ce n'est vraiment pas beaucoup pour la semaine prochaine.

Comment vont être choisis les patients ?

Il faut laisser les médecins s'organiser. Ils connaissent leur patientèle, ils savent qui est le plus à risque. Ils pourront en vacciner 10 la semaine prochaine, la semaine d'après, celle du 1er mars, on nous annonce deux à trois flacons, c'est-à-dire 20 à 30 doses par médecins. C'est ce que l'on espère. En moyenne nationale, on pense qu'il y a par médecin généraliste entre 60 et 80 personnes à vacciner dans les critères du vaccin AstraZeneca. D'ici fin mars, on devrait avoir terminé cette tranche de population, 50-64 ans avec comorbidité.

Craignez-vous un afflux de demandes ?

La demande est forte mais elle va au-delà de ça. Les patients de plus de 75 ans, on n'a pas terminé de les vacciner avec le vaccin Pfizer. Pour l'instant on a un trou, ce sont les 65-75 ans qui n'ont pas le droit à une vaccination. Il faut vite vacciner toutes ces personnes à risques parce que c'est comme ça qu'on va diminuer les tensions hospitalières. On le voit dans d'autres pays, comme Israël qui a beaucoup développé la vaccination et où la tension hospitalière a diminué de 40% en quelques semaines.

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