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Retard du vaccin anti-Covid de Sanofi : "Ce qui est embêtant, c'est qu'on avait intérêt, en 2021, à diversifier les sources de production de vaccins"

Le Dr Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, réagit vendredi sur franceinfo à l'annonce par les laboratoires français Sanofi et britannique GSK que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021.

Article rédigé par France Info
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Le logo de Sanofi, une seringue et un échantillon estampillé "Vaccin Covid-19". (JOEL SAGET / AFP)

"Ce qui est embêtant, c'est qu'on avait intérêt, en 2021, à diversifier les sources de production de vaccins. L'Union européenne avait d'ailleurs précommandé plus de vaccins Sanofi/GSK que de vaccins Moderna", a pointé le Dr Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, vendredi 11 décembre sur franceinfo, alors que les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021. La conduite du programme "est retardée afin d'améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées", indiquent les deux groupes dans un communiqué.

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"L'intérêt d'avoir des poids lourds comme GSK et Sanofi c'est aussi de pouvoir livrer l'ensemble de la planète", a ajouté Jean-Pierre Thierry. "Et l'intérêt de la technique de protéines recombinantes [utilisée par Sanofi et GSK], c'est qu'on pouvait livrer dans tous les pays, alors que les vaccins à ARN messager [la méthode utilisée par les Américains Pfizer et Moderna], par exemple, on sait qu'on ne les livrera pas dans le monde entier parce qu'il y a trop de contraintes logistiques."

30% à 40% de ces vaccins sont jetés juste parce qu'il y a des ruptures de la chaîne du froid dans certains pays moins avancés.

Dr Jean-Pierre Thierry

à franceinfo

Ce retard n'est toutefois pas rédhibitoire, selon lui : "Il faut voir ça dans la durée. On ne le sait pas encore, mais si on est obligé de vacciner comme pour la grippe tous les ans, on aura besoin des capacités de production de Sanofi et GSK à partir de 2022, très certainement." "Il y a d'autres poids lourds aujourd'hui qui sont un peu en retard", a souligné Jean-Pierre Thierry. "Il n'y a que Pfizer qui a fait un choix avec l'Allemand BioNTech d'être prêt rapidement. Mais à partir de 2022, on verra très certainement revenir les grands spécialistes qui savent couvrir la demande à l'échelle mondiale, dont Sanofi/GSK", a estimé le médecin.

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