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Covid-19 : "Il faut faire du porte-à-porte" pour convaincre les 16% des plus de 80 ans non vaccinés, propose la Société française de gériatrie

Le président de la société française de gériatrie est favorable à l’idée d’une troisième dose pour les personnes âgées.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Une personne âgée se fait vacciner au centre de vaccination de Périgueux le 18 janvier 2021. (EMMANUEL CLAVERIE / FRANCE-BLEU PÉRIGORD)

Le gouvernement maintient son objectif de 50 millions de Français primo-vaccinés à la fin du mois d'août. Mais aujourd’hui, seuls 84% des plus de 80 ans sont vaccinés et "il faut qu’on soit au-dessus, qu’on soit comme nos collègues européens", alerte Olivier Guérin sur franceinfo mardi 17 août. Le président de la société française de gériatrie estime par ailleurs que l’idée d’une troisième dose "est une très bonne chose". Et en tant que membre du Conseil scientifique, il appelle les médecins à convaincre les personnes âgées encore réticentes, notamment en faisant du porte-à-porte, mais compte aussi sur l’aide des collectivités territoriales et des communes.

84% des plus de 80 ans sont vaccinés, une proportion qui plafonne. Comment l'expliquer ?

Oui, c’est une proportion qui plafonne. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte. On a toujours eu comme premier objectif de la stratégie vaccinale, dans notre pays comme dans la plupart des pays, de vacciner d'abord ceux qui étaient le plus à risque de faire des formes graves. Et l'âge est le principal facteur de risque de développer une forme grave. Donc 84%, c'est bien, mais il faut qu'on soit au-dessus, qu'on soit comme nos collègues européens qui sont pour la plupart entre 95 et 100% sur cette population d'âge. Donc il faut qu'on y arrive. Et il faut qu'on y arrive avec le soutien notamment de nos collègues, de ce qu'on appelle des soins primaires, notamment les médecins généralistes, les infirmiers libéraux, pour aller chercher devant chaque porte chacun de nos concitoyens de plus de 80 ans qui souhaite se faire vacciner et pour qui c'est compliqué de l'être, parce que c'est un des éléments essentiels de ce plafonnement chez nous, c'est que ceux qui sont les plus vulnérables, les plus âgés, les plus isolés, ont du mal à accéder à la vaccination dans les centres de vaccination, notamment dans les grandes vaccinations organisées. Il faut faire du porte-à-porte.

Cela signifie qu’il y a une vraie différence entre les seniors qui vivent à domicile et ceux qui sont dans des maisons de retraite ?

Oui, tout à fait. Ils sont bien vaccinés en collectivité, avec une couverture vaccinale au-delà de 95%, ce qui est très important parce que la collectivité est en soi un risque supplémentaire. D’où l'idée aussi, toujours cette stratégie de mieux protéger les plus vulnérables, de faire un rappel. C’est une très bonne chose. Mais il pas pour autant lâcher l'objectif premier, qui est de protéger les 16% manquants.

Y a-t-il aussi parfois des réticences de leur part ?

Il y a des réticences, mais qui n’expliquent pas ces 16%. Il y en a une partie, évidemment, comme dans le reste de la population, qui est contre. Donc il faut que nos collègues qui les connaissent le mieux, à savoir leurs médecins traitants arrivent à les convaincre. Ce n'est pas toujours facile mais c'est aussi leur job et ils savent le faire. Mais il y a aussi tous ceux qui sont un peu loin et qui n'ont pas vraiment de médecin traitant ou qui ne le voient vraiment pas beaucoup, qui sont assez isolés, qui n'ont pas un tissu familial autour d’eux. Il faut aller les chercher un par un et leur proposer la vaccination, en leur expliquant. Et je pense qu'il y a un rôle important des collectivités territoriales, je pense aux conseils départementaux qui ont la politique gérontologique dans leurs attributions, et les communes, via leurs conseils communaux d'action sociale, les CCAS, pour aller les chercher. Parce que par exemple, dans les CCAS, il y a les fichiers canicule, qui ont des listings assez bien tenus de personnes vulnérables, âgées, il faut en profiter en même temps pour proposer la vaccination.

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