Covid-19 : "Il faut armer les cabinets médicaux, les infirmières" pour relancer la vaccination, estime Jérôme Marty

Selon le président de l'Union française pour une médecine libre, il faut aussi "avoir des équipes qui se déplacent" au domicile des patients.

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Radio France
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Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre. (Photo d'illustration) (LP / AURELIE LADET / MAXPPP)

"Il faut armer les cabinets médicaux, les infirmières, et avoir des équipes qui se déplacent", juge sur franceinfo jeudi 24 juin le docteur et président de l'Union française pour une médecine libre, Jérôme Marty, alors que le rythme des vaccinations ralentit en France ces dernières semaines et que le gouvernement envisage une vaccination obligatoire pour les soignants. Selon le médecin généraliste, il s'agit avant tout de "tout faire pour discuter de la vaccination et faire tomber les doutes qui persistent toujours dans les personnels soignants."

franceinfo : C’est le retour de cette question de la vaccination obligatoire, avec cet appel solennel lancé par le Premier ministre. Comment le recevez-vous ?

Jérôme Marty : Ce qui est certain, c’est qu’au septième mois de campagne vaccinale, il est assez inacceptable qu’on soit à des taux de non-vaccination de cette importance. Pour autant, une fois qu’on a parlé de l’obligation, il faut regarder tout ce que cela veut dire. Cela veut dire que le soignant doit pouvoir choisir le moyen avec lequel il se fait vacciner. Ensuite, quel moyen de rétorsion face à des gens qui ne voudraient pas se vacciner ? On traverse une pénurie extrêmement importante de personnels soignants et donc, on ne risque pas de dire aux soignants que s’ils ne sont pas vaccinés, ils ne travaillent pas. Sinon, par qui les remplace-t-on ?

A-t-on d’autres solutions aujourd’hui ?

Nous n'avons pas d’autres solutions, la solution passe par des réunions obligatoires où l’on va tout faire pour discuter de la vaccination et faire tomber les doutes qui persistent toujours chez les personnels soignants, du brancardier à l’aide-soignant, l’infirmière… Enfin tous les gens qui gravitent dans le milieu du soin. Il peut y avoir dans ce milieu-là des gens qui se font des idées sur la vaccination, qui sont mal conseillés et avec qui il faut discuter.

Au-delà des soignants, on constate un plafonnement dans la vaccination pour les premières injections… Comment l’expliquer ?

D'abord, il y a des gens qui n’ont pas pu se vacciner à leur corps défendant, notamment des personnes âgées qui sont seules à domicile. Elles sont environ 15 % pour les plus de 75 ans. On les a manquées parce que l'on n’a pas mis en place des outils nécessaires pour amener le vaccin au patient. Alors qu’en fait, beaucoup de gens vivent à domicile, et ne peuvent pas aller chercher le vaccin, donc il faut se déplacer.

Cela fait déjà des semaines qu’on pointe ce problème. N'y a-t-il toujours pas de solutions ?

C’est très simple, il faut armer les cabinets médicaux, les infirmières et avoir des équipes qui se déplacent. On n'a pas le matériel. Par exemple, cette semaine au cabinet médical, je n’ai pas de flacons, et je n’aurai pas de flacons Moderna avant le 2 juillet. Ce n’est pas admissible. Le Premier ministre dit qu’il faut accélérer la vaccination, mais il faut qu’on puisse vacciner en cabinet, et que nos collègues infirmières puissent se déplacer et être armées.

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