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Vacances d’été : "Le déplacement à plusieurs milliers de kilomètres, il est exclu" affirme le secrétaire d'État au Tourisme

Jean-Baptiste Lemoyne, invité de franceinfo, mercredi 6 mai, assure que le gouvernement attend les premiers résultats du déconfinement avant d'établir des règles précises pour les vacances d'été des Français. 

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Radio France
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Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, le 10 mai 2019 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Le déplacement à plusieurs milliers de kilomètres, il est exclu", a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du tourisme, ce mercredi 6 mai sur franceinfo, à propos des vacances d’été en période de coronavirus. "Le tourisme va reprendre par cercles concentriques, c'est-à-dire que le premier moteur de cette reprise touristique sera le tourisme national", a-t-il estimé.

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franceinfo. À tous ceux qui avaient déjà réservé avant la crise une chambre d'hôtel, un camping ou un gîte pour cet été, vous leur dites d’annuler ou d’attendre encore ?

Jean-Baptiste Lemoyne. On a mis en place un dispositif qui leur permet, s'ils le souhaitent, de pouvoir reporter leur séjour. Les ordonnances ont prévu la mise en place d'un avoir, ainsi, lorsque la situation sanitaire le permettra, ils pourront faire leur déplacement. Maintenant, pour s'organiser très concrètement pour l'été prochain, le président de République l’a dit : nous donnons rendez-vous aux Français comme aux professionnels fin mai. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin d'avoir ce recul sur 15-20 jours de la première phase de déconfinement qui commence le 11 mai, voir comment se comporte le virus, parce que nous ne voulons faire prendre de risques à personne.

Nous ne voulons prendre aucun risque économique pour les professionnels parce que s'organiser, c'est faire des stocks, c'est recruter des saisonniers, etc. Et si d'aventure, on devait revenir sur une date, ça serait pire que tout. Et puis, on ne joue pas avec la santé des Français, tout simplement.

Imaginez-vous un été sans vacances ?

Cet été, il y aura un besoin profond de faire un break, de changer de rythme et de changer de cadre. Maintenant, ça va se faire sûrement différemment de ce que l'on faisait les années précédentes. Il est sûr que le déplacement à plusieurs milliers de kilomètres, il est exclu.

Prendre l'avion pour partir à l’étranger, cet été, c’est non ?

Vous savez, les frontières de Schengen, les frontières extérieures de l'Europe vont être fermées encore pour plusieurs semaines et plusieurs mois. En réalité, le tourisme va reprendre par cercles concentriques, c'est-à-dire que le premier moteur de cette reprise touristique sera le tourisme national. Ce sera les Français qui iront à la redécouverte de nos terroirs, de nos territoires, de notre patrimoine. Je crois que les Français vont avoir une façon de pratiquer le tourisme un peu différente. Il y a un besoin de réassurance sanitaire. On travaille beaucoup avec les professionnels sur ces fameux protocoles sanitaires pour s'assurer qu'à tout moment tout est respecté et que le client soit rassuré.

Certains maires envisagent déjà de réserver leurs plages à leurs habitants. Est-ce une possibilité ?

Là aussi sur l'utilisation des plages, rendez-vous à la fin mai. Pour l'instant, elles sont fermées jusqu'au 2 juin, parce que ce sont de véritables aimants. Et aujourd'hui, ce qu'on souhaite, c’est éviter les brassages de populations pour continuer à lutter et à gagner contre ce virus. Vous savez, en 1936, les congés payés, c'était une conquête sociale. En 2020, ces vacances seront une conquête sanitaire. On doit encore, pied à pied, faire refluer l'épidémie.

La carte de France en vert et rouge peut-elle être un outil dans la préparation des vacances ?

D'ores et déjà, c'est un outil pour la période du 11 mai au 2 juin. En effet, dans les départements où le virus circule moins activement, les départements verts, l'accès à la nature sera possible, alors que, dans les départements rouges, il y aura beaucoup plus de précautions de ce point de vue-là.

Dès le 11 mai, des petits musées, des petits sites vont pouvoir rouvrir, et donc qu'on soit dans un département vert ou dans un département rouge, il y a une offre de proximité qui sera accessible.

Jean-Baptiste Lemoyne

à franceinfo

Je crois que c'est déjà un progrès parce que, jusqu'à maintenant, nous étions tenus par ce rayon d'un kilomètre. Désormais, on l'élargit à 100 kilomètres. C'est une première possibilité de souffler, de s'oxygéner, parce que le moment que nous avons vécu collectivement, il faut le dire, est un peu traumatique. Et je crois qu'il y a ce besoin aussi de pouvoir faire un break.

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