Utilisation de plasma contre le Covid-19 : l'Agence française du médicament salue des données "encourageantes"

L'ANSM va désormais autoriser le traitement de malades du Covid-19 avec le plasma de malades guéris en dehors de l'essai clinique en cours. 

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Radio France
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Le prélèvement de plasma s'effectue de la même manière que lors d'un don  avril du sang traditionnel, ici à Bron (Rhône), le 7 avril 2020. (ROLLAND QUADRINI / MAXPPP)

Le directeur des produits sanguins pour l'Agence française du médicament, Lotfi Boudali, salue ce vendredi 1er mai sur franceinfo des données "encourageantes" sur l'utilisation du plasma de patients guéris du Covid-19 pour aider à soigner des patients encore malades. C'est pourquoi l'ANSM a décidé, jeudi 30 avril, de permettre l'usage du plasma pour soigner des patients qui ne font pas partie d'un essai clinique.

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franceinfo. Comment fonctionne ce traitement ?

Lotfi Boudali. Ce traitement est d'abord basé sur des expériences anciennes, d'épidémies antérieures. La plus ancienne a été avec la grippe espagnole, et plus récemment en 2003 avec l'épidémie de Sras sur lesquelles il y a eu déjà une expérience d'utilisation de plasma de patients guéris qui présentaient des anticorps dirigés contre ces agents pathogènes. Cela avaient montré des résultats encourageants.

Plus récemment, dans le cadre de l'épidémie actuelle, il y a eu des séries de cas de patients qui ont été traités avec du plasma d'autres patients qui étaient guéris et qui avaient donné du plasma. Ce sont des données qui sont encourageantes, qui ont permis d'aller vers des essais cliniques rapidement en France et à l'international.

En France, un large essai a été autorisé et est en cours et un autre va l'être de façon imminente. Ces essais vont apporter la démonstration de l'intérêt de ce plasma.

Lofti Boudali

à franceinfo

On dispose d'éléments de présomption d'un [rapport] bénéfice-risque favorable. Et l'ANSM a, bien sûr en lien avec le ministère de la Santé, les Établissements français du sang et les services de santé des armées, créé le cadre réglementaire pour donner l'habilité de traiter des patients sur les mêmes critères que ceux des essais cliniques pour les patients qui n'ont pas accès à ces essais.

Cela signifie-t-il que ce traitement va pouvoir être administré à des patients qui ne font pas partie des essais cliniques ?

Il faudra privilégier l'utilisation en premier lieu dans les essais cliniques. Pour autant, on peut permettre (…) de donner la possibilité de l'utiliser chez des patients selon les mêmes conditions et les mêmes critères que dans l'essai clinique, mais en dehors de l'essai clinique. Tout cela est encadré par le protocole thérapeutique qui a également été publié de façon à bien s'aligner, qu'on traite les bons patients.

Le but, c'est bien d'améliorer la survie. L'enjeu est vraiment celui-là. Ce sont des patients qui sont, bien sûr, admis à l'hôpital, qui ne sont pas nécessairement dans un stade de sévérité. Après c'est vraiment à l'appréciation des médecins, des équipes médicales en collégialité de dire ce patient est redevable de ce traitement, en sus de tous les autres thérapeutiques. Il ne se substitut pas au reste. Il vient compléter, renforcer pour espérer d'apporter la meilleure réponse possible et de sauver des vies.

Comment obtenez-vous ce plasma ?

Comme tous les dons de plasma habituellement qui sont faits par des centaines de milliers ou de millions de donneurs. C'est un plasma qui est prélevé dans les centres de collecte de l'Etablissement français du sang, également par le service des armées qui à son réseau. C'est un prélèvement par aphérèse, c'est-à-dire qu'on va séparer le plasma du sang et on restitue aux donneurs le reste. Et ça fait à peu près un volume de 600 millilitres qui va être divisé en trois unités.

Indiscutablement, il y a un besoin de dons. (…) Il y a une organisation avec les équipes médicales, qui sont au contact de ces patients qui ont été malades et qui sont guéris, pour leur présenter cette opportunité, mais dans tous les cas, les critères de prélèvement sont les mêmes que pour tout autre don, c'est-à-dire que le patient qui est guéri doit pouvoir avoir les critères pour pouvoir le donner.

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