Tests anti-Covid-19 : le maire de Forbach aurait aimé "plus de souplesse" pour les travailleurs frontaliers de Moselle

L'Allemagne va demander à partir de mardi "un test PCR ou antigénique" de moins de 48 heures pour entrer sur son sol depuis la Moselle. Alexandre Cassaro, maire de Forbach, estime que cette situation "est difficilement gérable" pour les travailleurs transfrontaliers mosellans.

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Radio France
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Contrôle de police à la frontière allemande (image d'illustration). (FRANK HOERMANN / SVEN SIMON)

Un test, PCR ou antigénique, avec un prélèvement effectué depuis moins de 48 heures va être exigé, sans aucune exception, à partir de mardi 2 mars pour entrer en Allemagne depuis la Moselle. Chaque personne souhaitant traverser la frontière depuis la France devra se déclarer de façon électronique à chaque entrée sur le territoire allemand. "L'idéal aurait été plus de souplesse", a réagi, lundi 1er mars sur franceinfo, Alexandre Cassaro, maire de Forbach en Moselle, une commune frontalière avec l’Allemagne.

franceinfo : Comprenez-vous cette décision ?

Alexandre Cassaro : Oui, tout à fait. Il y a 18 000 travailleurs frontaliers en Moselle qui chaque jour vont travailler en Allemagne. Cette décision, on peut la comprendre parce qu'on remarque que, dans le taux d'incidence, le virus circule beaucoup et rapidement en Moselle. Donc il faut évidemment que les Sarrois puissent se protéger, mais les Français doivent aussi se protéger. Compte tenu des interactions, il y a une protection qui est réciproque, même si on peut déplorer le manque de souplesse vis-à-vis des travailleurs frontaliers.

Cette décision a donné lieu à des débats entre les deux pays. Malgré des assouplissements, la situation va rester compliquée pour les travailleurs frontaliers. Qu'en pensez-vous ?

Tout à fait, c'est difficilement gérable au quotidien de demander aux travailleurs frontaliers d'effectuer un test toutes les 48 heures. L'idéal aurait été plus de souplesse et de pouvoir faire un test dans un délai d'une semaine. Nous travaillons régulièrement avec l'Agence régionale de santé pour mettre en place des centres de dépistage dans nos communes. C'est une action que nous devons développer, amplifier, afin de permettre aux travailleurs frontaliers de se rendre au travail de manière paisible et sereine. Les autorités allemandes ont annoncé qu'il y aurait des contrôles inopinés.

La frontière ne sera pas fermée comme avec l'Autriche et la République Tchèque. Est-ce que cela montre l'importance des travailleurs français pour l'Allemagne ?

La Moselle et l'Allemagne, c'est une exception puisque d'autres frontières ont été fermées. C'est un moindre mal et c'est tant mieux pour l'économie et nos travailleurs frontaliers. Mais il faut tout de même qu'il y ait moins de rigidité dans la mise en application de ces restrictions. Dans la situation actuelle, la première des priorités des autorités et de la population c'est la santé, et il est vrai que les considérations économiques viennent après. On a déjà vécu la fermeture des frontières lors de la première vague. Lorsqu'elles ont été rouvertes on a bien vu que l'activité avait repris de part et d'autres. Donc, je suis persuadé que lorsque cet épisode épidémique sera derrière nous l'économie transfrontalière repartira, puisque les deux économies se nourrissent mutuellement.

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