Collecte des Restos du cœur : "75 000 bénévoles" sont "très motivés pour repartir avec des cartons les plus pleins possible"

L'association lance sa collecte nationale vendredi 5 mars, alors que le nombre de ses bénéficiaires a augmenté à cause de la crise du Covid-19.

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Radio France
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Un local des Restos du Coeur à l'Isle d'Abeau (Isère). (NICOLAS CROZEL / FRANCE-BLEU ISÈRE)

"C'est maintenant qu'on doit agir pour éviter la bascule des personnes en situation de précarité vers des situations de pauvreté", a déclaré Patrice Douret, président des Restos du cœur, vendredi 5 mars sur franceinfo. L'association lance ses trois jours de collecte nationale, avec notamment le concert des Enfoirés sera diffusé ce vendredi soir sur TF1 et sur France Bleu. 

franceinfo : La crise sanitaire a-t-elle eu des répercussions économiques importantes sur votre activité cette année ?

Patrice Douret : Oui, cette année est une année assez particulière. Et effectivement, ce que l'on constate, c'est une intensification des situations de pauvreté avec de vraies inquiétudes pour les semaines et les mois à venir. On a également constaté une augmentation de la fréquentation de nos centres, qui est assez différente selon les régions, c'est maintenant qu'on doit agir pour éviter la bascule des personnes en situation de précarité vers des situations de pauvreté, et se préparer à l'arrivée de besoins beaucoup plus forts et certainement différents.

Vous avez vu arriver de nouvelles populations, notamment les étudiants ?

Oui. Depuis deux ans nous alertons sur la situation des jeunes de moins de 25 ans. Elle nous préoccupe et nous révolte. Les étudiants sont une population qui aujourd'hui souffre. Je les ai rencontrés, mercredi 3 mars, sur Montpellier. Nous sommes très présents, nous avons dû changer nos cadres de fonctionnement habituel, notamment en ouvrant des centres dédiés aux étudiants dans les Crous, et également en signant des conventions pour livrer des denrées alimentaires et des produits de première nécessité aux étudiants. S'il y avait une raison de plus d'aider les étudiants aujourd'hui, s'il en fallait qu'une seule, n'oublions pas que lorsque Coluche a créé les Restos du cœur, ce sont les étudiants qui l'ont aidé pour la mise en place de l'association.

Craignez-vous que le contexte sanitaire rende la collecte plus difficile cette année ? Espérez-vous recueillir autant que les 7 400 tonnes de denrées récupérées l'année dernière ?

Dans 10 départements, nous avons suspendu la collecte pour des raisons matérielles et sanitaires. Dans le reste du territoire, nous avons 75 000 bénévoles qui se mettent en place, des bénévoles très motivés pour repartir avec des chariots et des cartons les plus pleins possible. Je tiens à les remercier. Ce serait idéal de réaliser le même chiffre que l'année dernière car les besoins sont importants. Cette collecte d'été nous sert à fonctionner pendant les semaines et les mois d'été. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, plus cette collecte sera un succès, plus nous pourrons tenir dans le temps.

Elle répond à plusieurs besoins. Le premier, c'est la diversité. Aujourd'hui, les denrées alimentaires que nous appelons sont des produits différents de ceux que nous distribuons. Deuxièmement, les produits d'hygiène et produits pour les bébés coûtent cher. C'est assez intolérable de savoir qu'il faut faire le choix entre un gel douche et un repas. Le meilleur remerciement pour les 75 000 bénévoles, dont les 12 000 qui nous rejoignent seulement pour cette opération ce week-end, ce serait de pouvoir repartir avec des chariots et des cartons pleins. Chaque don compte, même les petits. C'est l'addition de tout ça qui fait que ça fonctionne. On a mis en place des protocoles sanitaires extrêmement stricts dans tous les magasins. Il n'est, bien sûr, pas question de prendre de risques avec nos bénévoles, avec les clients des magasins et avec le personnel des magasins.

Il y a une autre façon de donner aux Restos du cœur, c'est le concert des Enfoirés qui a été enregistré sans public pour des raisons sanitaires et dont on peut acheter le CD...

Oui, effectivement pas de public pour le concert? C'est une perte de quatre à cinq millions d'euros de billetterie pour les Restos du cœur. C'est un spectacle riche en émotions, un moment festif. Les artistes se sont vraiment mobilisés cette année, plus fortement encore que d'habitude. L'absence de public a été forte, C'est vrai que c'est assez marquant de voir la Halle Tony Garnier, qui est une grande salle, de voir le spectacle sans public. Les artistes se sont vraiment mobilisés, ils sont hyper motivés et je pense que, ce soir, on devrait essayer de crever l'écran pour que dès samedi matin, vous pouviez tous acheter un ou plusieurs CD ou DVD. Un CD ou un DVD, c'est l'équivalent de 17 repas. C'est vraiment important pour nous.

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