"C'est beau, c'est bon, c'est exceptionnel" : avec l'opération Le Bon Menu, des soignants oublient le contexte sanitaire en savourant un repas gastronomique

Au restaurant parisien trois étoiles L'Ambroisie, un déjeuner d'une valeur de 230 euros a, par exemple, été servi à une anesthésiste réanimatrice de l'hôpital Bichat et son mari. "Une question de reconnaissance", pour le chef cuisinier Bernard Pacaud.

Article rédigé par
Maïwen Bordron - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Sandrine, médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital Bichat à Paris, et son mari Nicolas, dégustent leur déjeuner gastronomique au restaurant triplement étoilé l'Ambroisie. (MAIWEN BORDRON / RADIO FRANCE)

Alors que le gouvernement tente de stopper la reprise de l'épidémie, les soignants n'ont, eux, jamais cessé de lutter activement contre le coronavirus. Pour les remercier, de nombreuses initiatives ont vu le jour. Dans le ciel, comme l'hommage de la Patrouille de France mais aussi dans les assiettes avec, notamment, l'opération Le Bon Menu du guide Michelin à laquelle participe une cinquantaine de restaurants. Pour chaque addition, 10% du prix sert à financer des repas gastronomiques pour le personnel médical.

Un chef emprunt de culpabilité

À L'Ambroisie, un restaurant trois étoiles situé place des Vosges à Paris, le propriétaire et chef cuisinier Bernard Pacaud tient à saluer lui-même ses deux invités, une médecin anesthésiste réanimatrice et son mari. "Bon appétit", souhaite-il au couple avant de filer rapidement en cuisine, "c'est un peu la panique, on a été livrés il y a une demi-heure", confie le restaurateur.

Le chef-cuisinier et propriétaire de L'Ambroisie, Bernard Pacaud. (MAIWEN BORDRON / RADIO FRANCE)

Bernard Pacaud n'a pas hésité au moment du lancement de l'opération, c'était même l'un des premiers à s'inscrire."C'est une question de reconnaissance. Pour moi, ce ne sera pas quelque chose d'éphémère. On a quand même des grandes culpabilités dans le métier. Quand on commence à vendre des prix comme ça."

On voit les gens à l'épicerie, ils achètent et ils n'ont pas les moyens. C'est dur. En ce qui me concerne, je suis très sensible et ça me touche beaucoup.

Bernard Pacaud, chef du restaurant trois étoiles L'Ambroisie

à franceinfo

La cuisine très fine du chef Pacaud séduit Sandrine qui travaille à l'hôpital Bichat à Paris. La soignante s'offre enfin un moment de répit. "Ce n'est pas du tout une habitude, donc c'est quelque chose d'exceptionnel, qui sera marquant. C'est beau, c'est bon, c'est exceptionnel." Bernard Pacaud offre aux soignants un menu à 230 euros. "Ils ont des rougets, ils ont une volaille à la Kiev, c'est un suprême de volaille farci avec un beurre d'estragon et pané, servi avec des girolles."

Le suprême de volaille à la Kiev, signé Bernard Pacaud, le chef cuisinier de L'Ambroisie. (MAIWEN BORDRON / RADIO FRANCE)

Le contexte sanitaire n'existe plus ce midi. Je suis toute à mon déjeuner.

Sandrine, médecin de l'hôpital Bichat à Paris

à franceinfo

Aux côtés de sa femme médecin, Nicolas, ingénieur dans le secteur de l'énergie savoure également : "D'abord, c'est très bon. C'est un moment qu'on n'oublie pas. Et puis, je ne mange pas souvent des volailles et des poissons aussi bons. Donc, je suis content parce qu'il y a quand même des sacrifices faits par les soignants. Et je suis content que ce soit, par diverses choses, mis en valeur." Nicolas et Sandrine sont les premiers à être invités à l'Ambroisie, mais ce ne seront pas les derniers. Le chef cuisinier Bernard Pacaud promet de continuer à offrir ses menus étoilés aux soignants au moins jusqu'à la fin de l'année.

"C'est beau, c'est bon, c'est exceptionnel" : Ecoutez le reportage de Maïwen Bordron au restaurant L'Ambroisie.
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