SNCF : le retour à la normale mi-juin "est une très bonne nouvelle, le train doit pouvoir assurer un maximum de déplacements"

Le secrétaire d'Etat aux Transports a indiqué, dimanche 31 mai, que "100% de l'offre" de la SNCF sera commercialisée à partir de la "mi-juin". "Il faut que le train reprenne son rôle, mais que chacun respecte scrupuleusement la règle du jeu", estime sur franceinfo Michel Quidort, président de la Fédération européenne des voyageurs.

Un agent SNCF renseigne un passager sur le quai de la gare Montparnasse, le 12 mai 2020 à Paris.
Un agent SNCF renseigne un passager sur le quai de la gare Montparnasse, le 12 mai 2020 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Jean-Baptiste Djebbari annonce que "100% de l'offre" de la SNCF sera commercialisée à partir de la "mi-juin". La règle d'un siège sur deux condamné est donc levée. "Une très bonne nouvelle" estime dimanche 31 mai sur franceinfo Michel Quidort, président de la Fédération européenne des voyageurs (FEV). "Plus on transportera de monde, plus les transporteurs pourront récupérer des recettes", ajoute le membre du bureau national de la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports).

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franceinfo : Comment est-ce que vous jugez cette décision ?

Michel Quidort : C'est une très bonne nouvelle. Il faut que le train et le chemin de fer en général reprennent très vite sa capacité maximum, autant que faire se peut. Évidemment, en respectant certaines règles. Mais l'arrêt de la règle d'un siège condamné sur deux est une bonne nouvelle dans la mesure où le train doit pouvoir assurer, notamment dans une période qui se rapproche de celle des vacances, un maximum de déplacements. À partir du moment où le masque est obligatoire, c'est la première mesure qui doit effectivement être respectée et de manière absolue, si les gens sont prudents, s'ils gardent leur masque, si les voitures sont convenablement désinfectées et nettoyées, ça nous semble une garantie suffisante pour pouvoir assurer le transport d'un maximum de gens. Ce qu'on voudrait avoir comme précision, c'est si cela concerne les trains régionaux et les trains de banlieue. Il faut souhaiter que cela soit également valable dans les TER et les trains de proximité, dans la mesure où là aussi, ce sont ces trains-là qui transportent le plus de monde chaque jour.

En plus du port du masque, le nettoyage et la désinfection des wagons sont des enjeux logistiques importants et coûteux pour la SNCF ?

C'est un poste de dépense important, mais la sécurité est à ce prix. Plus on transportera de monde, et plus les transporteurs comme la SNCF pourront récupérer des recettes commerciales et faire face à ce surcroît de dépenses. Gommer ce qu'a coûté, à la fois la grève pour la réforme des retraites à la SNCF, plus le Covid-19, c'est 3 milliards d'euros et ça ne va pas se rattraper en 15 jours. Mais au moins, faisons en sorte que chacun fasse des efforts. Les voyageurs en prenant leurs précautions, et pour le transporteur, veiller à ce que les voyageurs respectent ces consignes et être également intransigeant sur le nettoyage et la propreté des voitures. Là, on arrivera à faire que les trains recommencent à reconquérir de la clientèle. Le chemin sera long. Une étude récente faite aux Pays-Bas sur les chemins de fer, estime que les transports publics aux Pays-Bas ne reprendront leur fréquentation telle qu'elle était avant la crise sanitaire, qu'en 2025. J'espère que cette étude sera démentie ou affinée, mais il est vrai qu'il y a une reconquête de la confiance à acquérir. On sait que les gens se méfient. Ils ont peur et on les comprend. Je pense qu'il faut aussi faire confiance aux transporteurs et notamment dans ses tâches quotidiennes de mise à niveau de l'hygiène à bord des trains.

Pour ne pas perdre d'argent quand elle fait rouler ses trains, la SNCF doit les voir occupés par au moins 60%, peut-être 70% des places, et jusqu'à 80% pour les Ouigo. Est-ce qu'en levant cette interdiction et la règle d'un siège sur deux, on a cédé à une demande de la SNCF ?

Je ne sais pas si la SNCF était demandeuse. Les voyageurs, sans doute, le souhaitaient. Mais le redéveloppement économique et social ne peut pas se faire au détriment de la sécurité sanitaire. Il faut que les deux marchent de pair. Il est clair que le train pour nous, joue un rôle essentiel dans les déplacements. D'ailleurs, quand les trains ne circulent plus, on voit bien la thrombose de la de circulation, que cela occasionne, y compris au niveau de la pollution. Il faut donc que le train reprenne son rôle, mais que chacun respecte scrupuleusement la règle du jeu. Le train ne peut pas continuer à traîner ce boulet, d'autant plus qu'il joue un rôle social et économique essentiel. On le voit bien, il n'y a pas d'économie sans mobilité, donc, faisons en sorte que les transports publics reprennent le plus vite possible le rôle essentiel qu'ils jouent dans la vie de tous les jours.