« Rouvrir massivement les universités ? Ce serait le pire des services à rendre aux étudiants ! », assure Jean Castex

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France Télévisions

Interpellé sur la détresse psychologique et sociale des étudiants, le Premier ministre estime que la situation sanitaire ne permet pas, pour l’heure, un retour massif dans les amphithéâtres. Il défend la politique « équilibrée » du gouvernement.

Depuis des semaines, la situation des étudiants s’aggrave. Dépression, tentatives de suicides, accroissement de la pauvreté… Le gouvernement tente de remédier à la situation en leur accordant la possibilité d’avoir deux repas par jour à un euro dans les CROUS, et en leur allouant un « chèque psy ». Pas suffisant aux yeux du sénateur Alain Houpert (Les Républicains), qui a interpellé le gouvernement ce mercredi lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat. « Vous avez inventé le repas à un euro, pour ne pas regarder la réalité dans les yeux. Les étudiants n’ont pas besoin de charité ni de séances de divan », a-t-il fustigé avant de demander au ministre de « prendre l’engagement de véritables mesures pour permettre à tous les étudiants de retrouver rapidement le chemin des facultés ».

Piqué, le Premier ministre lui a vertement répondu : « Si j’étais provocateur, je voudrais vous donner une information : nous traversons une crise sanitaire gravissime. Pas une fois dans votre question vous n’avez cité le mot covid-19, virus, crise sanitaire. Laissant à penser que c’est le gouvernement qui se trouve à l’origine de cette situation et des conséquences dramatiques pour les étudiants ! ». Pour l’heure, Jean Castex estime que la situation sanitaire - « avec une circulation virale encore extrêmement élevée » - ne permet pas un retour massif dans les universités. « À l’heure où la plupart des pays qui nous entourent ont fermé, ou significativement restreint l’accès aux universités, que proposez-vous ? Qu’on les rouvre massivement ? Ce serait totalement irresponsable ! Ce serait le pire des services à rendre aux étudiants de France ! », a-t-il martelé.

Quant à la politique d’accompagnement mise en place, le chef du gouvernement affirme qu’elle est « équilibrée » et que « c’est ce qu’il fallait faire ». « Vous dites que c’est leur faire l’aumône de leur donner des repas à un euro dans les CROUS, moi je dis que c’est un honneur de le faire ! Et ils y vont, ils en profitent et ils en ont besoin ! », a-t-il rétorqué au sénateur de la Côte-d’Or. Avant de lancer un dernier avertissement : « Ça ne sert à rien de laisser croire que c’est le gouvernement qui est à l’origine de cette situation. C’est cette crise sanitaire ! Il faut tenir un langage de vérité et de responsabilité ! ».

Condamnation d’Alexeï Navalny : « Un acte inqualifiable que la France condamne », assure Jean Castex

« Celui qui aurait dû se trouver hier dans le box du tribunal de Moscou ne s’appelle pas Alexeï Navalny, il s’appelle Vladimir Poutine », a tonné Claude Malhuret, sénateur Les indépendants, lors des questions au gouvernement du Sénat. L’opposant a en effet été condamné à trois ans et demi de prison, ce mardi, de nombreux manifestants ont également été arrêtés par les autorités russes. Face au Premier ministre, le sénateur a salué la condamnation du président de la République avant d’appeler à « répondre avec fermeté » et à « passer aux actes ». Dans son viseur : le gigantesque projet du gazoduc germano-russe. « Le gazoduc Nord Stream 2 ruine la sécurité énergétique de l’Europe, il nous livre pieds et poings liés à notre pire ennemi », s’alarme le sénateur pour qui « il est temps d’obtenir de l’Allemagne l’abandon de ce projet mortifère ».

Jean Castex a, pour sa part, rappelé les nombreuses condamnations de la France et de l’Union européenne : « Le président de la République a rappelé notre attachement sans faille au respect des droits de l’homme et des libertés publiques dans ce grand pays ». D’après Jean Castex, « les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réuniront dans quelques jours pour proposer des suites qu’il y a lieu de donner de cet acte inqualifiable et que la France condamne avec la dernière énergie ».

« Dès cette semaine, le haut représentant de l’Union européenne Josep Borrell se rendra à Moscou pour dire la condamnation unanime de l’Union », précise-t-il sans pour autant se prononcer sur le gazoduc Nord Stream 2. De l’autre côté du Rhin, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, n’exclut pas des sanctions contre la Russie mais indique que le chantier du gazoduc va se poursuivre.

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