Réservations pour les vacances d'été : "On en est au stade des frémissements", avec "10%, 20%" des chiffres de l'année dernière"

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage, explique vendredi sur franceinfo avoir constaté une hausse sensible des consultations des sites internet de voyages sans qu'elles ne se traduisent cependant par des réservations.

Un avion décolle de l\'aéroport Paris-Orly, le 27 août 2019.
Un avion décolle de l'aéroport Paris-Orly, le 27 août 2019. (ERIC PIERMONT / AFP)

La limitation des 100 km pour circuler en France prend fin le 2 juin. Les Français vont à nouveau pouvoir se déplacer comme ils veulent en France et notamment pouvoir partir en vacances ou en week-end. "En ce qui concerne les réservations, on en est au stade des frémissements : on est à 10%, 20%" des chiffres de l'année dernière", a expliqué vendredi 29 mai sur franceinfo Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage.

franceinfo : Avez-vous constaté une hausse des réservations ?

Jean-Pierre Mas : Avant-hier, on avait une hausse très sensible des consultations des sites internet qui ne se traduisait pas en réservations. Depuis hier, cela se traduit en réservation non seulement sur la France mais également pour les mois de juillet et août sur l'Europe.

Edouard Philippe a annoncé une concertation des pays européens pour une réouverture des frontières intérieures de l'Union européenne à partir du 15 juin. Qu'en pensez-vous ?

À mon avis, il n'y aura pas de concertation européenne. Il n'y en a jamais eu. Si la France ouvre ses frontières le 15 juin comme cela a été annoncé, cela va permettre aux Français de partir vers les pays qui sont ouverts et qui sont touristiques, comme l'Espagne, le Portugal, la Grèce, l'Italie et certainement la Croatie.

Les pays qui vont mettre en place des mesures de quarantaine prennent-ils un risque pour l'été ?

Le tourisme n'est pas compatible avec les mesures de quarantaine et de quatorzaine. C'est le problème en outre-mer où il n'y aura pas de tourisme tant que les mesures de quatorzaine seront maintenues. Il n'y a pas de compatibilité. Le seul pays européen qui semble maintenir la quatorzaine c'est la Grande-Bretagne qui n'est pas la première destination touristique pour les Français l'été. On appelle les préfets dans les départements d'outre-mer à lever les mesures de quatorzaine, avec des contrôles aux aéroports de départ, des tests, de manière à ce qu'il y ait un flux touristique dont l'économie de ces départements a grandement besoin.

Pensez-vous qu'il y aura des touristes étrangers en France cet été ?

Hors Union européenne ce sera difficile. Les voyages d'un continent à l'autre ne s'improvisent pas à la dernière minute, ca se prépare, ça s'anticipe. Même si les frontières étaient rouvertes avec les Etats-Unis, je n'imagine pas que les Américains se ruent sur la France. Mais le flux touristique de la France en été est essentiellement européen.

Le gouvernement a incité les Français à prendre leurs vacances en France. Est-ce la tendance ?

On ne peut pas dire qu'on constate un énorme mouvement de réservation ni pour la France, ni pour ailleurs. On en est au stade des frémissements. On est à 10%, 20% de ce à quoi on en était l'année dernière le même jour. Qu'il y ait réflexe patriotique pour sauver l'économie française, bien sûr, et nous nous y associons. Mais ce n'est pas la France contre l'Europe, mais la France avec l'Europe. On avait une offre traditionnelle des clubs et des résidences de loisirs que nous essayons d'adapter sur des séjours de vacances avec plus d'activités. Les Français vont avoir envie de grand air et d'oxygène, pas de concentration touristique, ils vont avoir envie de découvrir la France rurale, la France des montagnes ou la France secrète. On essaye d'adapter une offre à cette demande.