Réouverture des librairies : "Je pense qu'il y aura quand même une soif de liberté, une soif d'achat", confie un libraire

Il évoque sa joie de retrouver ses clients, annonce des "piles de coup de coeur" puisqu'il a eu le temps de beaucoup lire, et a une pensée solidaire pour les cafetiers et les restaurateurs. "On peut rouvrir nous, eux, non." 

Une présentation d\'ouvrages dans une librairie (illustration).
Une présentation d'ouvrages dans une librairie (illustration). (CAROLINE CALDIER / RADIO FRANCE)

"Je pense qu'il y aura quand même une soif de liberté, une soif d'achat", notamment de livres "d'évasion", après le déconfinement, confie à franceinfo Pascal Auréjac, le gérant de la librairie Le Rouge et le Noir en Lozère, lundi 11 mai. Il avoue en revanche ne pas avoir particulièrement hâte de recevoir des essais sur le confinement.

>> Coronavirus : suivez la première journée du déconfinement en direct.

fraceinfo : Avez-vous pu garder du lien avec vos clients malgré le confinement ? Pensez-vous que la clientèle va revenir vite ?

Pascal Auréjac : On a eu un lien avec les clients via un drive qu'on a mis en place à peu près il y a quinze jours. On a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de soutien de nos clients. On a été très, très surpris. On a eu pas mal de commandes, on a eu des gens qui nous ont précommandé des livres, qui sont venus en chercher et ça nous a vraiment touchés. (…) Je ne suis pas spécialiste de l'après confinement, mais je pense qu'il y aura quand même une soif de liberté, une soif d'achat. Aujourd'hui, déjà, les gens sont venus nous dire qu'il n'allait pas tarder à venir. Et puis après on verra, chaque chose en son temps. Dans un premier temps, on va essayer de voir au niveau des livraisons si ça fonctionne parce qu'il y a réouverture de certains distributeurs et réouverture de Prisme, qui est la plateforme de transport. Après, pour le futur, il est certain que la saison estivale est très importante parce qu'on organise des cafés littéraires. Mais c'est encore loin, le mois d'août. Est-ce que les gens pourront se déplacer ? Est-ce qu'on pourra faire rentrer 150-200 personnes dans une salle avec des auteurs ? Ça, je ne le sais pas. Dans un premier temps, on est contents de revoir notre clientèle. Et puis, se dire qu'il y a plus malheureux quand on voit les cafetiers et les restaurateurs, entre autres, c'est beaucoup plus problématique. On peut rouvrir nous, eux, non.

Avez-vous mis en place des mesures sanitaires dans votre librairie ?

Oui, effectivement, on a des mesures de sécurité. On a mis du gel à l'entrée, on a mis du gel sur le comptoir. On a mis des masques à disposition de la clientèle. On a pris tout un tas de dispositions. On va faire entrer deux personnes dans la librairie à la fois. Et puis, on va désinfecter les livres tant qu'on le peut. Et puis après, on va s'adapter. Moi, je crois au civisme des gens. C'est assez spécial. On se rappellera de cette époque. On pourra dire à nos petits enfants qu'on a connu une époque très, très, très étrange.

Avez-vous hâte de lire des essais sur le confinement ? Les premiers seront publiés bientôt.

Très honnêtement, non. L'aspect romanesque, pourquoi pas. Après, des essais sur le confinement, non, sincèrement, non. Je pense que les gens ont besoin d'évasion. Ils sont restés confinés pendant deux mois. Nous, ce qui nous intéresse, c'est de leur proposer, de leur parler des ouvrages parce qu'on n'a jamais autant lu.

Il y a ça de positif, c'est qu'on a pris et on a eu le temps, même si on lisait beaucoup avant, on a lu énormément de bouquins et on a commencé à faire des piles de coups de cœur. Pascal Auréjac, libraire en Lozèreà franceinfo

C'est ça qui est intéressant, c'est l'évasion, pour ce qui nous concerne, des récits de voyage et d'introspection, des récits universels. On le note, je vois les livres qu'on a vendus, les gens ont besoin d'évasion.