Réouverture de l'usine Toyota d'Onnaing : "On ne va pas sortir les niveaux de production d'avant la crise", indiquent les constructeurs automobiles

Pour relancer, "ce qui serait utile, c'est une prime à la casse", suggère le porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

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Radio France
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Un employé de l'usine automobile Toyota d'Onnaing travaille sur la chaîne d'assemblage (illustration, 22 janvier 2018). (PASCAL ROSSIGNOL / POOL)

Après plus d’un mois de fermeture à cause du confinement lié au coronavirus, l’usine automobile Toyota d'Onnaing, près de Valenciennes (Nord) reprend progressivement son activité mardi 21 avril. La production redémarrera jeudi. "On ne va pas sortir les niveaux de production d'avant la crise", a expliqué mardi sur franceinfo François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

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franceinfo : Cette réouverture est-elle le signe d'un redémarrage ?

François Roudier : Sur le plan industriel, je dirais oui. On a cette réouverture, on teste les protocoles sanitaires avec Toyota, mais vous avez Renault Le Mans qui pourrait rouvrir demain, pour PSA l'usine Hordain, dans le Nord, qui rouvrirait prochainement. Il faut comprendre que le confinement ce n'est pas que dans l'usine. Dans l'usine, on a des travailleurs qui sont habitués à respecter des protocoles très stricts. Chez Renault, on dit aux gens de ne pas faire de covoiturage, dans les bus mis à leur disposition il y a un espacement. Donc c'est un système très lourd qui va favoriser le redémarrage, mais qui ne va pas sortir les niveaux de production d'avant la crise.

Combien de temps faudra-t-il pour retrouver une production normale ?

Il faut redémarrer les chaînes mais vous avez aussi un impératif qui est la réception des pièces. Nous ne fabriquons pas 100% d'une voiture, on récupère, on achète beaucoup aux fournisseurs et il faut être sûr que tout cela se met en marche. On essaie de garder une activité, on a maintenu l'activité des pièces de rechange, d'entretien, mais il va falloir relancer la production. On a aussi en France, tout constructeur confondu, 400 000 voitures qui sont en attente de livraison sur les parkings des concessions. Donc, il va falloir redémarrer le système commercial pour assurer la suite.

Est-ce que la filière automobile va pouvoir tenir sans répercussion sociale ?

Si nous réussissons à sortir le 11 mai, on va pouvoir tenir, mais ce sera très difficile si nous restons encore en confinement. Les vrais problèmes vont arriver sur les petites sociétés d'équipements qui étaient assez malades, sur des concessions mal gérées. On essaie dans les grands groupes de tenir le choc. 

On a été fauché en plein effort. Le samedi où a été annoncé le confinement c'était celui où on faisait les portes ouvertes. On va donc reporter tout ça sur l'après confinement. 

François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles

à franceinfo

Allez-vous adapter vos offres ?

C'est quelque chose qui va être traité concession par concession. Vous avez peut-être des stocks où il y aura de bonnes affaires à faire. Sur la relance, il faudra qu'on soit capable de proposer des offres commerciales aux clients. Ce qui fonctionne bien actuellement ce sont les locations longues durées, c'est à peu près 40% des ventes aux particuliers et 100% aux entreprises. Ce qui serait utile, c'est une prime à la casse.

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