Renault : le maire de Maubeuge "pas du tout" rassuré par la déclaration du PDG du groupe, craint un "tsunami économique"

Arnaud Decagny plaide la cause de l'usine "la plus productive du groupe Renault en Europe" et en appelle à Emmanuel Macron qui est venu dire "aux salariés, les yeux dans les yeux, qu’il allait les soutenir".

Arnaud Decagny, maire de Mazubeuge.
Arnaud Decagny, maire de Mazubeuge. (EMMA SARANGO / RADIO FRANCE)

Arnaud Decagny, maire UDI de Maubeuge, prévoit lundi 1er juin sur franceinfo "un tsunami économique avec des conséquences sociales catastrophiques" en cas de fermeture de l’usine Renault de Maubeuge. Touchée de plein fouet par la crise sanitaire, la firme se trouve en difficulté. Le constructeur automobile a prévu de supprimer 15 000 postes dans le monde et 4 600 en France. Les propos rassurants du PDG de Renault, Jean-Dominique Senard, qui dit ne pas avoir l’intention de fermer le site, n'ont "pas du tout" rassuré le maire. "C'est entre 10 et 15 000 personnes qui vont être touchées par la baisse d'activité de l'usine de Maubeuge" qui est, selon lui, la plus grosse unité de production de tout l'Avesnois qui compte 220 000 habitants.

franceinfo : Êtes-vous rassuré par la déclaration de PDG de Renault ?

Arnaud Decagny : Pas du tout parce que dans le plan initial, c'était le transfert de l'assemblage de la Kangoo vers un autre site dans le Nord. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire 2 100 salariés aujourd'hui sur le site. Si l'assemblage de la Kangoo part sur un autre site, ça veut dire qu'il ne restera plus que l’emboutissage. Donc, plus que 400 personnes sur le site. La fermeture de Renault Maubeuge n'est pas une volonté [dit le PDG J.-D. Senard mais] si c'est pour dévitaliser le site, vous comprendrez facilement nos inquiétudes.

Que représentent ces 2 100 emplois pour Maubeuge ?

C'est 2 100 emplois directs sur le site, avec des CDI, des CDD et des intérimaires. C'est plus de 1 000 sous-traitants qui travaillent directement avec le site. Et puis autour, c'est toute l'économie locale. Aujourd'hui, c'est entre 10 et 15 000 personnes qui vont être touchées par la baisse d'activité de l'usine de Maubeuge. Et puis, cette usine de Maubeuge, c'est la plus grosse unité de production de toute l'Avesnois qui fait de 220 000 habitants. Ça serait un tsunami économique avec des conséquences sociales catastrophiques.

Permettez-moi de vous rappeler que Maubeuge est une des villes qui, depuis la fin de la sidérurgie et la métallurgie dans les années 1970, n'a jamais récupéré une pleine activité économique et les taux de chômage sont assez importants. Arnaud Decagny, maire UDI de Maubeugeà franceinfo

La fermeture de Renault MCA Maubeuge, ça serait une catastrophe économique annoncée. Notre arrondissement ne s'en remettra pas. Il faudrait entre 30 et 50 ans pour qu'il puisse s'en remettre. Donc vous comprenez nos inquiétudes. On n’a pas envie de disparaître. On ne comprend même pas que Maubeuge soit concerné. 450 millions d'investissements ces deux dernières années. On vient encore d'embaucher 200 personnes, il y a encore quelques mois. L’actuelle Kangoo, évidemment, est en fin de cycle, mais la nouvelle Kangoo est en cours de test sur les chaînes de fabrication et elle sera produite en fin d'année. Donc, les volumes de vente vont fortement augmenter sur la fin d'année. C'est l'entreprise la plus productive du groupe Renault en Europe. On en appelle au président de la République qui est venu sur notre site.

Vous faites confiance à Emmanuel Macron ?

Ce que je sais, c'est que j'ai un site ici. Si Maubeuge construction automobile ferme, c'est une catastrophe économique pour mon arrondissement. J'étais présent lorsqu'Emmanuel Macron est venu sur la chaîne de fabrication dire aux salariés, les yeux dans les yeux, qu’il allait les soutenir. Emmanuel Macron a aussi signé avec les élus du territoire un contrat pour la réindustrialisation de notre arrondissement et la revitalisation économique. Donc, il y a eu des engagements pris par Emmanuel Macron, peut-être un des premiers contrats territoriaux signés en France. Donc, on dit au président de la République, 'vous avez donné une parole'.