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Prolongement du confinement, port du masque et situation dans le Grand Est : le "8h30 franceinfo" de Jean-François Delfraissy

Invité sur franceinfo mercredi, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a indiqué que le confinement doit être prolongé au-delà du 15 avril. Il est aussi revenu sur le port du masque lors du déconfinement ainsi que sur l'épidémie de coronavirus dans le Grand Est et la région parisienne.

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Jean-Francois Delfraissy, président du Conseil scientifique, à Paris le 16 mars 2018.
Jean-Francois Delfraissy, président du Conseil scientifique, à Paris le 16 mars 2018. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

Le confinement en France doit, pour l'instant, durer jusqu'au 15 avril, c'est-à-dire un mois après sa mise en place pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. "Il faut que le confinement persiste plusieurs semaines à partir de maintenant", a déclaré mercredi 8 avril sur franceinfo Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique et immunologiste.

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"Nous l'avons demandé" au gouvernement, a poursuivi l'immunologiste. "Dans l'état actuel des connaissances on peut discuter de ce qui se passera dans le post-confinement, mais l'élément essentiel et capital est la poursuite d'un confinement strict sur plusieurs semaines", a expliqué Jean-François Delfraissy. 

Pour le président du Conseil scientifique, cette durée dépendra de plusieurs critères : "Il y a des marqueurs d'ordre sanitaire, sociétaux, et des éléments économiques. C'est un mélange très difficile. Le critère sanitaire a la priorité, mais ce n'est pas le seul à être pris en compte." Pour le président du Conseil scientifique, "tout va dépendre aussi du taux de tolérance de la population".

"Une utilisation très large des masques" pour le déconfinement

Jean-François Delfraissy a insisté sur la nécessité "d'accompagner la sortie du confinement d'une utilisation très large des masques en population". Même s'il s'est montré partagé sur cette question : "Porter un masque c'est surtout protéger les autres si on est porteur du Covid, mais asymptomatique. En sens inverse, est-ce qu'un masque protège vis-à-vis des autres ? Les données sont beaucoup moins certaines, fiables."

"Les gens considèrent qu'ils ont une certaine protection en portant ce masque, indique l'immunologiste. Tout l'enjeu, c'est de pouvoir avoir ce type de masques usuels, non professionnels, et de ne pas penser qu'on va être protégé et conserver les mesures de protection".

Dans l'est, le pire est derrière nous

En France, plus de 10 000 personnes sont mortes du coronavirus selon un dernier bilan publié mardi 7 avril. Les régions les plus touchées sont le Grand Est et l'Ile-de-France mais la situation s'améliore selon Jean-François Delfraissy. "On peut dire que dans l'est", le pire est derrière nous, a déclaré le président du Conseil scientifique. "L'est vient de passer ce cap et sur la région parisienne on est juste à la limite", explique l'immunologiste

En Ile-de-France, "on a des premiers signes qui semblent indiquer que le nombre d'admissions dans les lits en service de réanimation est en train de se stabiliser", a indiqué Jean-François Delfraissy. Pour le président du Conseil scientifique, "il faut être très prudent là-dessus, mais on a l'impression que le système de soins offert va tenir le choc en région parisienne grâce à l'effort des soignants et aux transferts".

Après trois semaines de confinement, "le niveau de circulation du virus dans sa globalité s'est réduit. C'était le deuxième objectif du confinement, le premier était de réduire les formes graves", a expliqué Jean-François Delfraissy. Les médecins sont partis du principe que chaque personne malade contaminait trois personnes en moyenne. "Il faut qu'on descende à quelque chose entre 0,5 et 1, indique le président du Conseil scientifique. On n'a pas l'ensemble des données mais on sait que c'est en train de diminuer. Si c'est le cas dans le Grand Est et dans le sud-est de la France, on peut imaginer qu'on se trouve avec une circulation du virus qui permette de mieux gérer l'épidémie, y compris dans ces régions".

Jean-Francois Delfraissy, président du Conseil scientifique, à Paris le 16 mars 2018.
Jean-Francois Delfraissy, président du Conseil scientifique, à Paris le 16 mars 2018. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)