Privés des 150 euros d'aide exceptionnelle, les jeunes précaires ont besoin de soutien "pour sortir la tête de l'eau", s'alarme l'Observatoire des inégalités

"Ce n'est pas d'une aumône, ce n'est pas d'une charité dont ont besoin" les jeunes, interpelle Louis Maurin, le président de l'Observatoire des inégalités.

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Radio France
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La Caisse d'Allocations Familliales de Versailles le 30 septembre 2020. (VINCENT ISORE / IP3 PRESS / MAXPPP)

Le gouvernement doit annoncer samedi 17 octobre, à l'occasion de la journée de lutte contre la pauvreté, une série de mesures, notamment pour venir en aide aux jeunes précaires. Les 18-25 ans ont finalement été exclus de l'aide exceptionnelle de 150 euros annoncée mercredi 14 octobre par Emmanuel Macron. Cela ne concerne que les bénéficiaires du RSA et de l'ASS. Les bénéficiaires de l'Aide Personnalisée au Logement (APL) toucheront uniquement 100 euros par enfant.

Alors que Jean Castex a déclaré ne pas vouloir que les jeunes s'enferment dans une forme de dépendance aux aides sociales, Louis Maurin a répondu que "l'aide est un secours qui vous permet de sortir la tête de l'eau. Mais ces jeunes qui pourraient bénéficier d'un soutien, comme les indépendants ou n'importe qui, ne sont pas des profiteurs. Ils ont besoin d'aides pour sortir la tête de l'eau et pour justement ensuite reprendre pied dans l'activité et le travail. Il y a une confusion, il me semble à ce niveau-là". "Pourquoi les jeunes se contenteraient d'avoir leur RSA à 500 euros pour vivre comme ça ? Pourquoi s'installeraient-ils dans la dépendance ?", a-t-il ajouté.

Ce qu'il faut mettre en place, ce sont des aides pérennes, durables, pour élever le niveau de vie des gens

Louis Martin

à franceinfo

Louis Maurin dénonce une déconnexion entre l'exécutif et le quotidien des jeunes français : "On a le sentiment que le président de la République plaint les jeunes mais qu'il ne les comprend pas". "Il a du mal à percevoir la réalité sociale. Les jeunes ne sont pas des êtres petits, dépendants, qui une fois qu'ils auraient pêché l'argent, resteraient comme ça chez eux pour en profiter", a réagi Louis Maurin. Il décrit un âge "où l'on rentre dans la vie. Et ce que l'on recherche, c'est une autonomie. Ce n'est pas de vouloir profiter comme ça de l'Etat social".

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