Prêt de l'État à Air France : Bruno Le Maire confirme la suppression de lignes intérieures quand "l'avion ne se justifie pas"

Le ministre de l'Économie, invité de France Inter, lundi 4 mai, réaffirme que le prêt de sept milliards d'euros à Air France sera conditionné à des engagements écologiques. 

Le ministre de l\'Économie, Bruno Le Maire, était l\'invité de France Inter le 6 janvier 2020.
Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, était l'invité de France Inter le 6 janvier 2020. (FRANCEINTER / RADIO FRANCE)

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire confirme ce lundi 4 mai sur France Inter que le prêt de sept milliards d'euros de l'État à Air France est accordé à la condition que la compagnie "devienne la compagnie aérienne la plus respectueuse de l'environnement de la planète", et par conséquent "ça passe par des suppressions de lignes intérieures, et très franchement, quand on peut faire le trajet en train en moins de 2h30, l'avion ne se justifie pas".

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Le ministre veut "se servir de cette crise [du coronavirus] pour réinventer notre modèle de développement économique et faire en sorte qu'il soit plus respectueux de l'environnement", et pour lui "il est évident qu'aujourd'hui un certain nombre de lignes aériennes intérieures ne se justifient plus".

Des mesures définitives

Sans donner le nombre de lignes qui pourraient être supprimées, Bruno Le Maire prend pour exemple la ligne Bordeaux-Paris : elle se justifie dans un seul cas, "si vous rejoignez le hub [plate-forme de correspondance aéroportuaire] de Paris, pour faire ensuite un déplacement international, un vol transatlantique ou un vol vers l'Asie. Mais dans tous les autres cas de figure, si c'est pour gagner uniquement une heure [par rapport au train] que vous risquez d'ailleurs de perdre dans les transports pour aller à l'aéroport, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Le coût en termes d'émissions de carbone est trop élevé".

Le ministre estime que ces suppressions ne doivent pas être "une mesure de  transition, ça doit être une mesure définitive" et il s'engage à "discuter avec les élus locaux, regarder comment est-ce qu'il peut y avoir des compensations économiques, ce que ça représente en termes d'emplois".