Tests Covid-19 déremboursés : "On risque de se tirer une balle dans le pied", prévient le président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux

A partir du 15 octobre, les tests de dépistage au Covid-19 ne seront plus automatiquement remboursés. Un pari du gouvernement, selon le Syndicat des jeunes biologistes médicaux.

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Radio France
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Les tests de dépistage resteront gratuits sous certaines conditions à partir du 15 octobre (photo d'illustration). (FRED CHAPUIS / FRANCE-BLEU PROVENCE)

"Si les personnes ne sont pas vaccinées et qu'on a une situation sanitaire non maîtrisée, on risque de se tirer une balle dans le pied", alerte lundi 27 septembre sur franceinfo Lionel Barrand, président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM). Dans une interview au journal Les Échos, le Premier ministre Jean Castex a confirmé que les tests de dépistage au Covid-19 ne seraient plus automatiquement remboursés à partir du 15 octobre. Les personnes vaccinées auront juste à présenter un certificat de vaccination au laboratoire pour continuer à être remboursées, celles non vaccinées devront se faire prescrire un test par le médecin en cas de symptômes. "Est-ce que tout le monde le fera ou pas ?", se demande Lionel Barrand. "C'est un pari du gouvernement."

L'objectif affiché de la mesure est d'étendre encore la vaccination. "Si ça fonctionne et que tout le monde est vacciné, ça marchera bien." Dans le cas contraire, "on risque de ne pas pouvoir tester les personnes qui ont des symptômes parce que ces personnes-là n'auront pas envie d'aller chez le médecin, ou ce sera trop compliqué et elles n'auront pas envie de payer de leur poche", poursuit Lionel Barrand. "Il faudra voir comment ça évolue et éventuellement revenir sur cette stratégie si nécessaire", prévient le président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux.

"Ça ne va pas être simple"

Lionel Barrand évoque "une autre possibilité, qui n'a pas été choisie" : contrôler les symptômes et les cas contacts sur déclaration du patient. "C'est ce qu'il se passait avant les tests PCR pour tous mais ça posait beaucoup de problèmes, parce que ce n'est pas aux secrétariats des laboratoires de dire si la personne a la goutte au nez ou non. Il y avait beaucoup de risques de contournement possibles."

Avec cette nouvelle mesure, "de ce que j'ai compris, ce sera à nous de savoir qui est vacciné et qui ne l'est pas pour savoir si le test est payant ou non. C'est une question sociétale, qui se pose aussi dans les restaurants", note le président du SJBM. "Honnêtement, ça ne va pas être simple, on n'a pas encore les modalités techniques pour l'instant. On a appris ce genre d'information plus dans la presse que directement avec le ministère ou le gouvernement. L'intention est là, maintenant on va voir comment on peut s'organiser dans les laboratoires. Il faut que nos équipes, qui sont déjà bien chargées, fassent du médical et pas de l'administratif."

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