Pass vaccinal : la priorité est de convaincre les 5 millions de personnes non-vaccinées, affirme le docteur Jérôme Marty

Selon le médecin généraliste, les centres de réanimation "seront saturés de patients Covid-19 d'ici une quinzaine ou une vingtaine de jours" à cause du variant Omicron.

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Radio France
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Une infirmière prélève le vaccin Moderna contre le Covid-19 à l'aide d'une seringue dans un centre de vaccination de Garlan (Finistère), lundi 13 décembre 2021. (FRED TANNEAU / AFP)

"Il faut qu'on arrive à faire comprendre aux gens qu'il faut absolument se vacciner", a défendu samedi 18 décembre, sur franceinfo, Jérôme Marty, médecin généraliste et président du syndicat de l’Union française pour une médecine libre, alors que le gouvernement veut remplacer le pass sanitaire par un pass vaccinal. Il dénonce "ces criminels" qui participent à mettre "des mauvaises idées", des "fausses croyances" dans la tête des personnes non-vaccinées.

franceinfo : Faut-il imposer une obligation vaccinale ?

Jérôme Marty : On s'en approche avec l'idée d'un pass vaccinal et ce n'est pas de gaieté de cœur. Mais il faut savoir qu'il y a encore plus de 5 millions de Français non vaccinés, c'est beaucoup trop.

Dans les centres de réanimation, on a une immense majorité de gens non vaccinés, hospitalisés dans un état grave, qui parfois meurent et ça, on ne peut plus l'accepter.

Jérôme Marty

à franceinfo

Il faut qu'on arrive à faire comprendre aux gens qu'il faut absolument se vacciner. On a le variant Omicron qui arrive, il est extrêmement contagieux. Il est encore plus rapide que ce que l'on pensait, ce qui veut dire que nos centres de réanimation seront saturés de patients Covid-19 d'ici une quinzaine ou une vingtaine de jours et pour éviter cela il faut vraiment que les gens se fassent vacciner.

Comment expliquez-vous que 5 millions de Français ne sont pas vaccinés ?

Il y a de fausses croyances et ces fausses croyances viennent des réseaux sociaux mais surtout de structures qui se sont réunies, qui ont industrialisé la communication autour de la doctrine antivax, comme le collectif reinfo Covid par exemple, et qui mettent des mauvaises idées dans la tête des gens, les trompent et falsifient la science. Ce sont des criminels. S'il y a des gens à pénaliser, qui doivent répondre de leurs actes, c'est bien ceux-là. On voit des gens qui sont tombés de ce côté-là, qui – une fois en réanimation – le regrettent et nous le disent. Certains en meurent. On ne peut plus accepter cela.

Faut-il étendre le périmètre d'utilisation de ce pass vaccinal, notamment à l'école ?

Il faut surtout que l'on referme les classes dès le premier cas, comme on le faisait avant.

On a un flux du virus extrêmement important dans les écoles. C'est probablement dû au variant Omicron, mais on voit de plus en plus d'enfants hospitalisés.

Philippe Marty

à franceinfo

Or, la doctrine mise en place n'est pas la bonne. On écarte l'élève qui a le Covid, on teste les autres et on oublie qu'on est contaminant trois jours avant de présenter les symptômes. Ce qui veut dire qu'on a ouvert en grand le robinet de la circulation virale. Donc il faut revenir à la doctrine précédente. Il faut aussi communiquer sur les gestes barrières, communiquer sur l'aération, donner les possibilités aux établissements recevant du public, aux entreprises, de bien aérer. Enfin, concernant la vaccination des enfants, il faut que cela reste sur la base du volontariat. Cela touche à la chair de la chair et il faut impérativement qu'on soit scientifique et qu'on construise le soin comme on le fait dans nos cabinets avec les parents et avec les enfants.

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