Pass sanitaire dans les lieux culturels : le gouvernement promet qu'il sera "présent" auprès des entreprises pénalisées

Des représentants de plusieurs secteurs de la culture ont rencontré mercredi en fin de matinée la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire suite à l'instauration du pass sanitaire, accusé de faire baisser la fréquentation de certains lieux de culture.

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France Télévisions Rédaction Culture
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La ministre de la Culture Roselyne Bachelot, arrivant à l'Elysée le 19 juillet 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Des représentants de plusieurs secteurs de la culture (cinéma, spectacles vivants, musées etc.) ont rencontré mercredi en fin de matinée la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

A cette occasion, le gouvernement a promis mercredi qu'il serait "présent" auprès du monde de la culture, qui subit une baisse de fréquentation depuis l'instauration du pass sanitaire le 21 juillet. Un bilan est prévu pour la fin de l'été avec une nouvelle rencontre fixée le 30 août.

Avant même cette réunion, M. Le Maire avait déclaré sur RTL que le gouvernement répondrait "présent" pour aider les entreprises dont l'activité sera pénalisée par le pass sanitaire. Aucune annonce supplémentaire n'a été faite lors de cette réunion, a indiqué Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français, qui y participait.

Plusieurs organisations représentant des professionnels du spectacle et des loisirs avaient saisi le Conseil d'Etat, plus haute juridiction de l'ordre administratif français, en urgence, pour demander l'annulation de cette mesure. Demande rejetée lundi soir.

La crainte des cinémas

"On sent qu'ils sont préoccupés par cette mesure qui aura forcément un impact sur notre chiffre d'affaire. Toutefois, j'ai peur que la date de revoyure (fixée au 30 août) soit un peu trop lointaine pour nous", a-t-il réagi. Sa crainte ? Que les distributeurs repoussent la date de sortie des films, comme cela a été le cas à de nombreuses reprises depuis l'apparition du Covid-19, fragilisant encore plus une industrie déjà durement touchée par la crise sanitaire.

Mis en place pour tenter de freiner la reprise de l'épidémie de Covid-19, ce pass sanitaire (qui atteste d'une vaccination complète ou d'un test négatif) est demandé à l'entrée de tous les lieux de loisirs et de culture capables d'accueillir 50 personnes depuis le 21 juillet.

Mais le monde de la culture juge cette mesure "stigmatisante", d'autant que l'obligation du pass sanitaire chez eux intervient plusieurs jours avant son entrée en vigueur pour les cafés et les restaurants (début août). Sont notamment concernés les cinémas, théâtres et salles de concerts.

Pour les professionnels du secteur, les effets de cette mesure ont été immédiats : dans les cinémas "la baisse de fréquentation est massive et va au-delà de 50%", affirme M. Sebbag. "Il n y a aucun doute à avoir: cette baisse est la conséquence directe de l'instauration du pass sanitaire". 

Pas d'inquiétude dans les musées parisiens

Du côté des grands musées parisiens, le choc est moindre, selon les établissements: le Louvre dit n'accuser qu'une légère baisse de fréquentation: - 17% la semaine du 21 juillet par rapport à la semaine précédente. A noter toutefois que la proportion de visiteurs étrangers dans la fréquentation du musée est, elle, en hausse (41% la semaine du 21 juillet contre 34% la semaine précédente). Même tonalité du côté du musée d'Orsay, chez qui la fréquentation reste "stable".

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), qui avait pris part au recours au Conseil d'Etat, a demandé au gouvernement "de ne pas ignorer les conséquences négatives de son décret et de prendre ses responsabilités en adoptant quelques mesures urgentes de soutien".

Début juillet, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot chiffrait le soutien public à la culture à plus de 12 milliards d'euros. Parmi les dernières annonces: la prolongation de plusieurs mois de l'année blanche pour les intermittents du spectacle, qui exempte de l'obligation de 507 heures de travail minimum sur 12 mois pour continuer à toucher des indemnités chômage.

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