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Parcs et jardins à Paris : "On ne demande pas la réouverture pour que les gens aillent faire bronzette et des pique-niques à 200", s'agace le premier adjoint d'Anne Hidalgo

Emmanuel Grégoire demande plus d'espaces publics utiles pour que les gens puissent se promener et assure que la ville est prête à mobiliser des agents pour empêcher les positions statiques

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Radio France
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Le jardin du Luxembourg fermé à Paris, le 20 avril 2020. (ERIC PIERMONT / AFP)

Alors que le gouvernement campe sur ses positions en refusant de rouvrir les parcs et jardins à Paris dans le cadre du déconfinement, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, explique mardi 12 mai sur franceinfo, que la ville "ne demande pas la réouverture pour que les gens aillent faire bronzette et des pique-niques à 200. Nous demandons à disposer de plus d'espaces publics utiles pour que les gens puissent se promener". "Ce ne sont pas des lieux sur lesquels on pourra faire des pique-niques, s'allonger sur les pelouses. On est prêts à l'interdire et à mobiliser des agents pour le faire respecter", promet Emmanuel Grégoire. Il espère arriver à convaincre le gouvernement, parce que "nous trouverons les moyens efficaces pour permettre aux gens de se promener. Il n'y a que les huîtres et les auto-satisfaits qui ne changent pas d'avis".

franceinfo : Le parvis du Sacré-Cœur évacué ce soir, le canal Saint-Martin hier. Y a-t-il un problème de comportement à Paris ?

Emmanuel Grégoire : C'est toujours difficile de porter un jugement sur un comportement collectif qui est le résultat d'agrégations individuelles. La plupart de ces gens ne contrevenaient pas aux règles de déconfinement mais si tout le monde décide d'aller au même endroit et au même moment, ça pose un problème et il est de la responsabilité de la ville, des pouvoirs publics de le traiter. La première chose c'est de rappeler qu'ils s'exposent eux-mêmes à des risques graves pour leurs proches et pour leurs enfants. Il faut donc continuer à faire de la pédagogie et faire de la dispersion comme la police a eu raison de faire, hier soir et ce soir. Elle sera incontestablement amenée à le refaire durablement dans les semaines qui viennent. Mais il faut aussi trouver un moyen pour avoir plus d'espace parce que c'est une ville extrêmement dense. Paris et tous les grands centres urbains ont ce problème de densité, c'est au cœur du sujet du différend d'appréciation que nous avons avec le ministre de la Santé à ce stade.

Vous maintenez la demande de réouverture des parcs et jardins de la capitale ?

Oui, même si on comprend très bien l'intention du ministre. On ne peut que la partager. Mais il fait je crois une erreur d'analyse et qui en dialogue peut être corrigée. Quand il dit qu'il ne faut pas que les gens s'amassent et qu'ils puissent respecter les gestes barrières, tout le monde est convaincu de ça. C'est précisément la raison pour laquelle nous demandons la réouverture des parcs et jardins. On ne demande pas la réouverture pour que les gens aillent faire bronzette et des pique-niques à 200. Nous demandons à disposer de plus d'espaces publics utiles pour que les gens puissent se promener. C'est le sens du protocole que la maire de Paris a proposé au Premier ministre et au ministre de la Santé de façon à donner des garanties de résultats. Je ne dis pas que ce sera parfait, ça ne le sera jamais, mais ça ne l'est pas déjà aujourd'hui. L'idée c'est d'empêcher les positions statiques dans les parcs et jardins. Ce sont des lieux de promenade, de déambulation, de déplacement. Ce ne sont pas des lieux sur lesquels on pourra faire des pique-niques s'allonger sur les pelouses. On est prêts à l'interdire et à mobiliser des agents pour le faire respecter, le port du masque pour éviter que les proximités créent des problèmes. La première des conditions pour éviter la contamination, c'est le port du masque.

Vous souhaitez rendre obligatoire le masque dans toute la capitale ?

Ce n'est pas à nous d'en décider, c'est une décision nationale et qui doit être pesée avec justesse en fonction des lieux. Soit la discipline s'impose, soit il faudra tendre vers ça mais encore faut-il qu'on ait des masques. Ce que nous voulons par le protocole que nous avons proposé c'est de donner des garanties qui permettent à la fois de donner ces espaces aux Parisiens et aux citadins pour se promener en permettant de détendre la tension dans la rue, car s'il n'y a pas les espaces, les parcs et jardins il y aura quand même la pression sur l'espace public et donc dans la rue. On peut donner des garanties pour profiter de ces espaces sans prendre de risques. Faites-nous pour mettre en place les moyens humains. Nous avons des agents disponibles pour organiser le contrôle. N'intériorisons pas la contrainte ou les dérives de quelques-uns pour punir tout le monde car le remède est pire que le mal. On va prendre le temps dans les jours qui viennent et essayons de discuter des conditions de l'application de ce protocole. Et nous trouverons les moyens efficaces pour permettre aux gens de se promener. Il n'y a que les huîtres et les auto-satisfaits qui ne changent pas d'avis. On va organiser les conditions pour qu'on puisse raisonnablement ouvrir les parcs et jardins et dans notre esprit ce n'est pas qu'à Paris. Il y a bien d'autres collectivités qui le demandent. Il sera de la responsabilité des communes d'en assurer la mise en œuvre, opérationnelle, effective et efficace, comme le fait la police nationale sur les règles définies par le gouvernement.

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