"On se sent obligés d’y aller" : venus de toute la France, des soignants aident les hôpitaux les plus touchés par le coronavirus

Ils sont plus de 12 000 volontaires à avoir proposé leurs services pour aider les hôpitaux situés dans les régions les plus touchées par l'épidémie, notamment en Île-de-France.

A l\'hôpital Franco-Britannique de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, le 30 mars 2020 (photo d\'illustration).
A l'hôpital Franco-Britannique de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, le 30 mars 2020 (photo d'illustration). (PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP)

Face à l’épidémie de coronavirus, des soignants arrivent de tout le pays pour prêter main forte à leurs collègues dans les régions les plus touchées. C’est le cas notamment en Île-de-France, où le nombre de malade explose et où les hôpitaux peinent désormais à faire face. Plus de 12 000 volontaires ont déjà proposé leurs services, malgré les inquiétudes et les problèmes logistiques.

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Cécile, infirmière dans une clinique privée à Rennes, est sur le départ lundi 30 mars. Dans quelques heures, elle prendra la voiture avec quatre collègues. Direction Paris, avec la boule au ventre. "Il y a énormément d’appréhension parce que l’on ne côtoie absolument pas ça, confie-t-elle. On appréhende aussi le fait d'attraper le Covid-19. Maintenant, c’est le jeu".

On ne peut clairement pas rester les bras croisés quand on sait que tout le monde est sous l’eau et que nous on est pour l’instant au calme.Cécile, infirmière à Rennesà franceinfo

Elle a appris lundi soir qu’elle allait être affectée à l’hôpital Cochin de Paris et certains de ses collègues à Pompidou.

Au plus près des patients

Pour Arnaud, anesthésiste originaire de Carcassonne, c’est l’hôpital Bichat : "En tant qu’infirmier, on se sent obligés d’y aller pour aider les patients et nos collègues". Depuis lundi 23 mars il travaille dans le service de réanimation, au plus près des patients atteints du Covid-19. "Ce sont des patients qui sont intubés, qui sont sédatés, décrit l’anesthésiste. Ils sont sur le ventre ou sur le dos, on les retourne pour améliorer leur respiration."

Voir des décès tous les jours, c’est dur pour nous. C’est dur de se battre face à un virus mortel.Arnaud, anesthésiste
à franceinfo

Un mode de vie monastique et peu de possibilités de se vider la tête dans une ville confinée et qu’on découvre. Même faire les courses est parfois compliqué. "On regarde sur internet les supérettes qui ne sont pas très loin de chez nous parce qu’on ne connaît pas du tout la ville, explique Arnaud. Dans le frigo on n’a pas grand chose, juste le minimum pour tenir."


À deux dans un 20 m²

Tenir entre deux gardes de 12 heures, et souffler un peu dans l’appartement de 20 m² qu’il occupe gracieusement dans le centre de Paris avec sa compagne Clémence, elle aussi infirmière : "On nous a mis à disposition un logement, on nous a trouvé un travail. Il y a toujours aussi, dans les services hospitaliers, des restaurateurs qui viennent fournir des plats pour le personnel."

Pour le coup, on n’a vraiment pas à se plaindre de l’accueil.Clémence, infirmière
à franceinfo

Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains ont des difficultés à trouver un toit. Ce sont désormais les hôpitaux de Paris qui ont pris le relais pour loger ces 12 000 volontaires venus prêter main forte à tous les soignants d’Île-de-France.