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Mortalité en hausse, travail, difficultés de santé... Pourquoi la Seine-Saint-Denis semble plus touchée par l'épidémie de coronavirus

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Le département connait l'une des plus fortes hausses de mortalité depuis le 1er mars. 

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Radio France
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Des immeubles à Bagnolet en Seine-Saint-Denis.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Depuis le premier mars en Seine-Saint-Denis, le taux de mortalité a bondi de 120%, soit presque 1 200 décès supplémentaires par rapport aux deux dernières années. C’est la deuxième plus forte hausse en France après le Haut-Rhin qui a été le premier foyer de l’épidémie de coronavirus

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Ces chiffres publiés par l’Institut national de la statistique (Insee) sont encore provisoires. Ils se basent sur l’état-civil des mairies sans préciser la cause des décès. Ce n’est pas un bilan fiable de l’épidémie mais il donne quand même une tendance lourde pour ce département.

De nombreux travailleurs ont continué de sortir 

Parmi les facteurs qui pourraient expliquer une plus grande exposition à l’épidémie, il y a d’abord le travail. Certains bus et tramways sont restés bondés durant le confinement parce qu’une "partie importante" de la population a continué à travailler selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. Cela concerne les métiers qui ne sont pas arrêtés. Des élus du département en ont fait la liste : il s’agit par exemple des salariés de supermarchés, d’entreprises de nettoyage ou encore des livreurs. 

Même si ces déplacements sont difficiles à quantifier, il n’ont évidemment pas aider à freiner l’épidémie. Et si on tombe malade, il est peut-être plus difficile en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs de ne pas contaminer ses proches puisque le département a la plus forte densité d’habitants par logement en France métropolitaine, selon l'Insee. 

Forte prévalence du diabète 

Le diabète est l’un des principaux facteurs de risque d’aggravation du coronavirus. La Seine-Saint-Denis est particulièrement exposée : presque 8% de la population est concernée, selon Santé publique France. C’est le taux le plus élevé en métropole alors que la moyenne nationale se situe plutôt autour de 5%. 

Autre point noir : le manque de cabinets médicaux. La Seine-Saint-Denis compte 258 médecins pour 10 000 habitants, selon l'Insee. C’est très en dessous de la moyenne nationale qui se situe autour de 340.

Ce phénomène se constate aussi à l'étranger. A New York aux États-Unis, les quartiers défavorisés ont été touchés plus durement. C’est le cas du Bronx qui a le plus fort taux de malade par habitants de la ville. Une tendance similaire est aussi constatée à Barcelone en Espagne.

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