Mise en examen d'Agnès Buzyn : "Cette décision crée un précédent dangereux", affirme le député LREM Sacha Houlié

Le député dit craindre une chasse"Je ne connais pas d'autre pays, pas de précédent dans lequel vous avez un membre du gouvernement qui est mis en cause pour la gestion de la crise", insiste-t-il.

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Radio France
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Sacha Houlié, député LREM de la Vienne, le 15 juin 2021. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Tous les gouvernements ont fait de leur mieux, et peut-être même en France plus qu’ailleurs, quand on regarde l’Amérique latine ou les États-Unis", plaide samedi 11 septembre sur franceinfo Sacha Houlié, député LREM de la Vienne, alors que l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, vient d’être mise en examen par la Cour de justice de la République pour "mise en danger de la vie d’autrui", dans le cadre de sa gestion de la crise du Covid-19.

"Cette décision crée un précédent dangereux", affirme Sacha Houlié. "On est au cœur d'une pandémie mondiale qui n'est pas terminée. Une pandémie pour laquelle aucun pays, aucun ministre de la Santé, aucun gouvernement n'avait d'information lorsqu’elle s'est déclarée début d’année 2020." Sacha Houlié insiste sur le peu d’informations disponibles sur le virus au début de la crise sanitaire et parle d’une "pandémie dont on ne connaissait rien". "Sur l’usage des masques, je rappelle que l’OMS avait dit au départ que c'était inutile. Position qui a été reprise par le gouvernement français avant de démontrer l'inverse. Et c'est la raison pour laquelle ils ont été généralisés et rendus obligatoire."

"J'observe que ceux qui ont porté plainte, ce sont les mêmes que ceux qui aujourd'hui ne veulent pas se faire vacciner."

Sacha Houlié, député LREM

à franceinfo

"Ce sont les mêmes qui, aujourd'hui, rejettent le pass sanitaire. Ce sont les mêmes qui, finalement, ont mis en danger la vie de personnes en rejetant des traitements qui nous protègent", martèle le député.

Sacha Houlié craint une chasse aux sorcières

Pour justifier cette mise en examen, la Cour de justice de la République (CJR) s’est basée sur des "des indices graves et concordants". Mais le député de la Vienne craint une chasse aux sorcières : "Est-ce que l’on reprochera aux députés d’avoir voté l’état d’urgence sanitaire ? Est ce qu'on reprochera aux députés de créer une obligation vaccinale ? Est-ce qu'on reprochera aux députés, d'avoir étendu le droit à IVG ou d'avoir étendu le droit à la contraception ? Où s'arrête finalement la gestion, qui est une gestion administrative ou politique d'une crise pour laquelle les représentants sont élus et le gouvernement est désigné ? Et de ce point de vue-là, je pense que la décision de la CJR, oui, elle est critiquable parce qu'elle crée un précédent dangereux."

Le député parle d’un "coup dur" pour la façon dont les ministres peuvent travailler. "Je ne connais pas d'autre pays, pas de précédent dans lequel vous avez un membre du gouvernement qui est mis en cause pour la gestion de la crise. Alors, que vous savez qu’il y a des personnes qui, par leurs décisions explicites, ont pu mettre en danger leur population", a-t-il pointé, évoquant "Jair Bolsonaro ou Donald Trump."

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