Masques transparents : Sophie Cluzel appelle à les "généraliser" et à "faire baisser" leur prix

La secrétaire d'Etat en charge des Personnes handicapées indique que deux entreprises françaises ont obtenu l'homologation permettant de produire ces modèles permettant de voir l'expression du visage et de lire sur les lèvres. Ils seront vendus pour environ 10 euros pièce.

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Radio France
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Un modèle de masque sanitaire transparent réalisé par une couturière à la retraite Dambach-la-Ville (Bas-Rhin). (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge des Personnes handicapées, appelle, samedi 22 août, sur franceinfo à "généraliser" les masques transparents, destinés aux personnes sourdes et malentendantes, ainsi qu'à "faire baisser" leur prix, qui peut être un frein pour les personnes handicapées. Ces modèles avec une fenêtre transparente permettent de voir l'expression du visage et de lire sur les lèvres.

franceinfo : Pourquoi n'y a-t-il pas plus de masques transparents pour les sourds et malentendants ?

Sophie Cluzel : Ils viennent d'être homologués avec deux catégories de masques, fabriqués notamment par des entreprises françaises dont des entreprises adaptées. Ils ont démarré leur production, il faut que ça monte en cadence, il faut que les commandes arrivent pour qu'on puisse en effet le généraliser. Alors, bien sûr, il est encore cher puisqu'il est au-delà de 10 euros. Mais justement, l'impact des commandes possibles, de la généralisation et de la promotion de ces masques vont faire que l'on va pouvoir le baisser. D'autres marques arrivent à l'homologation. Ce n'est pas que pour les sourds.

Bien sûr que c'est important pour les sourds, parce que ceux qui ont la lecture labiale peuvent enfin le faire. Mais c'est aussi important pour beaucoup de publics. Les publics qui ont un handicap psychique, qui ont besoin de comprendre en même temps que l'expression verbale, la communication du visage, mais aussi les personnes âgées.

Un sourire, une bienveillance, un sourire qui apparaît, qui transparaît de nouveau, c'est très important.

Sophie Cluzel

à franceinfo

Et pour l'enfant aussi, c'est aussi important. Donc, nous travaillons ensemble pour pouvoir le généraliser, pour pouvoir augmenter les commandes, faire en sorte qu'ils puissent servir pour beaucoup de monde, parce que c'est un vrai outil de communication.

Faut-il harmoniser leur prix ?

Il faut qu'on arrive à pouvoir le faire baisser. C'est important, mais il faut aussi qu'il puisse respecter sa destination, c'est à dire une protection. C'est pour ça que l'homologation était très importante, parce qu'il doit protéger. Ca y est, nous avons deux marques homologuées, il y en a trois ou quatre qui arrivent encore à la Direction générale de l'armement, qui vont être homologuées. Plus on aura de masques à disposition, plus on arrivera à faire baisser le prix, pour qu'ils soient accessibles pour tous.

L'État a-t-il prévu de faire des commandes publiques pour équiper les agents, par exemple ?

Justement, j'y travaille avec le service des commandes publiques, pour pouvoir essayer de passer des commandes pour servir le plus possible les agents d'accueil. C'est important et j'ai travaillé avec le premier ministre auprès de qui je suis rattachée. C'est un message important qu'on peut faire passer à tous et que j'espère voir déboucher très rapidement.

Comment faire pour davantage intégrer les personnes handicapées, qui semblent être les grands oubliés de la crise sanitaire ? Il y a les masques, mais aussi les attestations de sortie, quand elles étaient encore en vigueur, qui n'avait pas été pensées pour les aveugles ou les malvoyants.

Je pense qu'on ne peut pas dire que ce sont les oubliés, j'ai réagi immédiatement, justement pour que les aveugles n'aient plus cette attestation à promouvoir. Petit à petit, nous les avons adaptées en facile à lire et à comprendre, pour les personnes handicapées mentales, psychiques. J'ai été mobilisée totalement avec les associations qui ont été extrêmement réactives aussi. Donc, nous sommes au côté des personnes handicapées. C'est certain que c'est plus compliqué pour elles que pour beaucoup d'autres Français.

J'en appelle à la tolérance, à la bienveillance en permanence, pour pouvoir aider les personnes handicapées à pouvoir circuler de nouveau, être attentif à elles plus particulièrement qu'à d'autres.

Sophie Cluzel

à franceinfo

Mais nous sommes à leur côté et nous travaillons vraiment pour leur faciliter la vie, en termes de communication, en termes de compréhension, avec beaucoup, beaucoup de consignes en faciles à lire et à comprendre pour que l'ensemble des personnes en situation de handicap et, quel que soit le handicap, ait accès à une communication, ait accès à une information, et puisse justement bénéficier de tout ce qui existe pour tous les Français.

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