Malgré le couvre-feu, "la tension ne baisse pas" en Meurthe-et-Moselle, constate le professeur Christian Rabaud du CHR de Nancy

Le nombre de contaminations dans les départements sous couvre-feu est "plutôt en baisse", selon le ministre de la Santé, mais pas en Meurthe-et-Moselle. Le président de la commission médicale d'établissement du CHR de Nancy observe plutôt une augmentation "lente" des cas.

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Radio France
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Pr Christian Rabaud,  infectiologue et président de la commission médicale d’établissements du CHRU de Nancy, le 5 juin 2020. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

"On est resté à des niveaux très élevés de tension hospitalière", malgré le couvre-feu, a affirmé mardi 19 janvier sur franceinfo le professeur Christian Rabaud, président de la commission médicale d'établissement du CHR de Nancy. Le ministre de la Santé a pourtant soutenu mardi matin sur France Inter qu'un effet positif à la mise en place du couvre-feu à 18 heures avait été constaté dans 15 départements.

En Meurthe-et-Moselle, "où la situation était tendue pendant toute la période des vacances", "cette tension ne baisse pas, malheureusement, et on a besoin qu'elle baisse", a-t-il appuyé. Néanmoins, le spécialiste a remarqué que la tension "n'augmente que très doucement". "On craignait qu'elle augmente plus vite avec l'impact des fêtes. Donc, il est tout à fait possible que le couvre-feu et le renforcement de certaines des mesures aient permis de limiter la vitesse de progression", a énuméré Christian Rabaud.

La situation reste préoccupante

La situation reste dans tous les cas préoccupante dans son département. "Aujourd'hui, on reste sur un plateau élevé, voire un léger faux plat montant, mais on n'est pas reparti d'emblée sur une augmentation très brutale comme on a pu la connaître dans les première ou deuxième vague pour l'instant", a-t-il précisé. "On reste dans une situation d'entre-deux compliquée puisque pour les patients non-Covid, l'hôpital manque de place, donc ça n'est pas confortable. Mais il n'y a pas de dégradation brutale de la situation pour l'instant. Une tendance malgré tout progressive à l'augmentation, mais lente". Avant d'ajouter : "Ce dont on a vraiment besoin aujourd'hui c'est que la pression chute, c'est pas qu'elle reste au même niveau, ça on ne l'obtient pas".

"Mieux vaut un masque chirurgical bien porté qu'un FFP2 mal porté"

Pour lutter contre le variant du coronavirus, le Haut Conseil de santé publique recommande, dans un dernier avis, de ne plus utiliser de masques en tissu de catégorie 2 ni de masques artisanaux. Christian Rabaud y est favorable. "Je crois que les temps ont changé pour deux raisons. D'une part, la pénurie de masque est derrière nous, on a la possibilité de trouver maintenant des masques de qualité et dans le même temps, on est face à un virus qui se transmet mieux, donc pour lequel il faut quelque part augmenter les barrières", a-t-il expliqué.

Faut-il porter le masque FFP2 ? Le professeur du CHR de Nancy est mitigé. "Dans l'état actuel des choses ces masques FFP2 qui sont beaucoup plus filtrants, qui donc apportent une sécurité supplémentaire, sont aussi beaucoup plus difficiles à supporter et beaucoup plus difficiles à respirer", a-t-il indiqué. Les gens les touchent, les manipulent, ce qui est, d'après lui, contre-productif : "Ils perdent tout leur intérêt. Leur intérêt c'est non seulement d'être filtrants mais aussi le fait qu'il sont parfaitement adhérents au visage qu'il y a peu de fuite au visage. Mieux vaut dans la vie de les jours un masque chirurgical bien porté qu'un FFP2 difficilement supporté ou mal porté."

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