Logements : “Il faut absolument que la trêve hivernale soit poursuivie jusqu'au 31 octobre”, demande le président de la Confédération nationale du logement

La trêve hivernale a été pour le moment prolongée jusqu'au 10 juillet en raison de l'épidémie de coronavirus. Eddie Jacquemart demande aussi de remettre la question du "moratoire des loyers sur la table".

Des appartements à Montbéliard dans le département du Doubs (photo d\'illustration).
Des appartements à Montbéliard dans le département du Doubs (photo d'illustration). (LIONEL VADAM / MAXPPP)

"Il faut absolument qu'on mette en sécurité financière les locataires et les accédants à la propriété familiale", a demandé Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement, sur franceinfo vendredi 22 mai. Il a appelé le gouvernement à prolonger la trêve hivernale "jusqu'au 31 octobre" alors qu’elle a été pour le moment prolongée jusqu’au 10 juillet en raison de l'épidémie de coronavirus. Cela signifierait l’impossibilité des expulsions jusqu’au 31 mars 2021 puisque la trêve hivernale débute chaque année le 1er novembre. Si la crise économique et sociale se durcit, Eddie Jacquemart demande aussi de remettre la question du "moratoire des loyers sur la table". Une mesure qui autorise une "suspension du paiement du loyer dans certains cas très précis", précise Eddie Jacquemart.

franceinfo : Les taux d’impayés de loyer sont en hausse depuis le début de la crise sanitaire. Est-ce que cette hausse vous étonne ?

Eddie Jacquemart : Ce n'est pas étonnant. D’ailleurs, le 16 mars on avait en effet demandé tout de suite au président de la République qu'il intervienne pour faire le moratoire des loyers parce qu'on savait qu’obligatoirement, les locataires et les accédants à la propriété auraient eu des difficultés pour payer leur loyer et leurs échéances. Hélas, ça n’a pas été accepté par le gouvernement à l'époque. Donc, on est parti sur des mesures un peu plus compliquées, techniques au cas par cas dans le secteur social. Et on très inquiets parce que dans le secteur privé, pour l'instant, on n'a pas d'interlocuteur direct et on sait que c'est la jungle qui va arriver maintenant pour les locataires et les accédants.

Que préconisez-vous ?

Le problème, c'est qu'avec la sortie du confinement, on va aller vers de plus en plus de situations compliquées avec des gens qui vont perdre leur boulot et avec des dépôts de bilan d'entreprise. Donc, en fait, on est en train de partir vers une situation très grave. Ce qu'on préconise, c'est éventuellement de remettre le moratoire des loyers sur la table. Le moratoire, c'est une suspension du paiement du loyer dans certains cas très précis. Et surtout, ce qu'on veut, c'est que le ministre du Logement prenne le décret pour poursuivre la prolongation hivernale. Il faut absolument que la trêve hivernale soit poursuivie jusqu'au 31 octobre. Puisque à partir du mois de novembre, vous savez que la nouvelle trêve hivernale va commencer. Il faut absolument qu'on mette en sécurité financière les locataires et les accédants à la propriété familiale. Il y a des pays comme l'Allemagne qui ont pris des mesures dès le mois de mars pour étaler les loyers sur deux ans avec aucune expulsion possible pour cause de crise sanitaire. Donc, je pense que là, on doit encore aller plus loin dans les mesures à prendre pour le gouvernement, parce que j'ai l'impression que l'on fait beaucoup de choses pour tout le monde. Mais on a oublié les habitants.

Selon vous, on en fait pas assez pour les locataires ?

Nous, on demande la mise en place d'un fonds d'indemnisation des habitants, c'est-à-dire un ensemble de mesures qu'on pourrait actionner très facilement pour les locataires qui sont en difficulté. Alors les bailleurs sociaux, ils ont mis en place des choses, mais c'est quand même compliqué. Il aurait fallu prendre une mesure générale pour que ce soit équitable sur l'ensemble du territoire de la République. Là, on est partis sur du cas par cas et en fonction des négociations qu'il va y avoir avec les associations de locataires et les bailleurs sociaux, sur tel ou tel territoire, il va y avoir des mesures qui vont être prises, mais qui ne seront pas identiques pour tout le monde.