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Le brief éco. Coronavirus : de l’urgence de préparer l’après-crise

Bon nombre de sociétés vont avoir du mal à se relever. L’expérience montre que c’est en sortie de récession qu'elles se retrouvent fragilisées.

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Des entrprises du batiment auront des difficultés à repartir après la crise. Photo d\'illustration.
Des entrprises du batiment auront des difficultés à repartir après la crise. Photo d'illustration. (MAXPPP)

Comment préparer la sortie de crise économique ? La question peut paraître étrange alors que face au coronavirus, l’urgence reste sanitaire. Elle n’en demeure pas moins importante car la reprise ne se fera pas du jour au lendemain et doit se préparer dès aujourd’hui. 

Même en économie on peut parler de choc post-traumatique. Beaucoup d’entreprises – essentiellement des PME, artisans et indépendants – sont mises en sommeil, leurs employés au chômage technique ou partiel. C’est à la fois le capital technique et humain qui est mis à mal. Bon nombre de ces sociétés vont avoir du mal à se relever. L’expérience montre que c’est en sortie de récession que les entreprises se retrouvent fragilisées : leur trésorerie sont exsangues, leurs résultats ont fondu comme neige au soleil, etc.

Le bout du tunnel est encore loin

Fin de crise n’est pas forcément synonyme de franche reprise. D’ailleurs, ce n’est jamais le cas. Les précédentes crises, dont celle de 2009, l’ont montré. Pour redémarrer, les entreprises doivent acheter des matières premières ou du matériel auprès de leurs fournisseurs, recommencer à payer les salaires avant même une reprise du chiffre d’affaire. Les défauts d’entreprises et les cessations d’activité ne se produisent pas pendant les récessions mais au sortir des récessions. Beaucoup de secteurs auront été mis à rude épreuve : l’hôtellerie-restauration, le tourisme ou l’aérien. Il va falloir du temps pour remettre l’appareil productif en marche.

Remettre de l’essence dans le moteur

Concrètement, qu’est-ce qui permettra à la machine de repartir ? Le premier signal sera donné par le consommateur : une moindre consommation de masse en période de crise laisse une capacité de rebond de la consommation une fois la crise terminée. Le deuxième curseur sera le rôle de l’épargne. Selon l’économiste Denis Ferrand de l’institut de conjoncture Rexecode, les Français consommant moins en cette période de confinement, le taux d’épargne pourrait grimper de 15% des revenus disponibles (ce qui est le niveau aujourd’hui) à 20%. Une épargne dans laquelle les foyers pourront puiser pour consommer après.

Enfin, c’est une fois sorti de la crise que l’État devra envisager une baisse de charges et de certains impôts qui pèse sur les entreprises. L’État aide aujourd’hui, notamment avec les mesures de chômage partiel et le crédit facilité. Mais baisser les charges aujourd’hui serait inefficace puisque l’activité est à zéro. C’est quand elle va reprendre qu’il faudra soutenir l’outil de production. Dans tous les cas, ce rattrapage s’annonce très long.

Des entrprises du batiment auront des difficultés à repartir après la crise. Photo d\'illustration.
Des entrprises du batiment auront des difficultés à repartir après la crise. Photo d'illustration. (MAXPPP)