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Le billet sciences. À chacun sa méthode pour mettre au point un vaccin contre le coronavirus

Alors que Donald Trump l'annonce pour la fin de l'année, des laboratoires plus prudents prévoient l'arrivée du vaccin contre le coronavirus au mieux pour la fin 2021. Pour y parvenir, les chercheurs utilisent des techniques différentes les unes des autres.

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Une scientifique devant un microscope dans un laboratoire de recherche sur le vaccin contre le coronavirus à Gaithersburg (USA).
Une scientifique devant un microscope dans un laboratoire de recherche sur le vaccin contre le coronavirus à Gaithersburg (USA). (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Où en est la course au vaccin contre le Covid-19 ? Cette semaine, une vingtaine de nouveaux essais doivent être lancés alors qu'une centaine d'entreprises et de laboratoires universitaires travaillent sur la question. Mais ils utilisent différentes méthodes. 

On sait que mettre au point un vaccin prend du temps. Pour gagner la course contre la maladie, les laboratoires et les chercheurs utilisent différentes méthodes pour leur fabrication. Il y a ceux comme le laboratoire Moderna, qui veulent utiliser le code génétique du virus. Il s'agit de donner un schéma du virus directement aux cellules. On appelle ce schéma l'ARN messager. Ensuite les cellules fabriquent la réponse immunitaire. C'est une méthode qui n'a jamais prouvé son efficacité même si elle a été tentée sur d'autres coronavirus comme le Mers, mais qui aurait l'avantage d'aller beaucoup plus vite que les méthodes traditionnelles.

Le virus inactivé ou affaibli

La méthode la plus utilisée est celle où l'on met au point un vaccin à partir du virus directement, mais il est inactif ou affaibli. Lorsque le système immunitaire le recontre, il fabrique des anticorps et nous sommes protégés de la maladie qu'il provoque. Mais là il faut cultiver le virus d'une certaine façon un peu comme cela se fait pour les vaccins contre la grippe, cultivés eux aussi parfois dans des oeufs de poule. Cela prend du temps et il faut bien vérifier que les patients, en rencontrant ce virus affaibli, arrivent à bien se défendre. Les tests sont donc longs pour voir son efficacité et ses effets secondaires. C'est ainsi que l'on a mis au point des vaccins comme ceux contre la rubéole, les oreillons ou la varicelle. En règle générale, cela prend une dizaine d'années : vous comprenez pourquoi annoncer un vaccin opérationnel dans 18 mois laisse beaucoup de virologues circonspects.

D'autres techniques possibles sur les pointes ou les protéines du virus

Il s'agit cette fois d'utiliser les portes d'entrée du virus dans les cellules. Certains laboratoires, comme Johnson et Johnson, se servent de la pointe de notre coronavirus qui pénètre nos cellules mais il la code à un autre virus, un adenovirus. Il va ensuite donner les clés de cette porte d'entrée à notre système immunitaire pour qu'il la bloque, mais ils font en sorte que cet autre virus ne se réplique pas. Plusieurs vaccins sur les animaux appliquent cette méthode. Voila pourquoi il y a de nombreux débats sur ce qui sera le plus efficace et le plus rapide en termes de vaccin face au coronavirus.

Une scientifique devant un microscope dans un laboratoire de recherche sur le vaccin contre le coronavirus à Gaithersburg (USA).
Une scientifique devant un microscope dans un laboratoire de recherche sur le vaccin contre le coronavirus à Gaithersburg (USA). (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)