La Cour des comptes sonne l'alarme sur la dépense publique, mise à mal par la crise sanitaire, et demande un "effort sans précédent"

La lutte contre le Covid-19 a entraîné la mobilisation de moyens publics "d'une ampleur inédite" et "cet effort considérable va durablement peser sur le déficit et la dette publique", prévient la Cour dans son traditionnel rapport annuel, mercredi. 

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Le siège de la Cour des comptes, situé au 13 rue Cambon, à Paris, le 16 décembre 2020.  (MARTIN NODA / HANS LUCAS / AFP)

Dans son rapport annuel publié en pleine campagne présidentielle, la Cour des comptes alerte, mercredi 16 février, sur la nécessité d'un "effort sans précédent" dans les prochaines années pour maîtriser les dépenses publiques et redresser les comptes de la France, mis à mal par la crise sanitaire.

Cette crise a entraîné la mobilisation de moyens publics "d'une ampleur inédite" pour lutter contre l'épidémie et soutenir l'économie, et "cet effort considérable va durablement peser sur le déficit et la dette publique, dont la réduction va nécessiter des efforts sans précédent de maîtrise des dépenses", prévient la Cour dans son traditionnel rapport annuel consacré entièrement au bilan de la gestion de la crise sanitaire.

La dette publique devrait ainsi s'accroître de 560 milliards d'euros entre la fin 2019 et la fin 2022, pesant ainsi environ 113% du PIB, la facture du Covid-19 s'élevant à elle seule à 140 milliards d'euros à ce jour, selon le ministère des Finances.

Le déficit public devrait atteindre "7% du PIB" en 2021 

La France est ainsi "dans le groupe des pays de la zone euro dont, deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, la situation des finances publiques est la plus dégradée", assène la Cour, qui s'inquiète de cet écart avec nos voisins.

Son rapport souligne qu'"en dépit d'une reprise économique robuste", avec un rebond de 7% de la croissance l'an dernier et 4% encore attendu cette année par le gouvernement, "le déficit public devrait rester très élevé en 2021 (7% du PIB) et 2022 (5% du PIB)".

Surtout, avec la fin des dépenses d'urgences exceptionnelles, ce déficit "présente désormais un caractère exclusivement structurel"

La Cour attend des réformes, en priorité du système de retraites 

Les dépenses nouvelles prévues dans le cadre du "Ségur de la santé" (10 milliards en régime permanent) ou la baisse des impôts de production (10 milliards d'euros), décidée dans le cadre du plan de relance, sont par exemple des dépenses pérennes.

De fait, la Cour pointe les baisses d'impôts "significatives" encore prévues en 2022 (taxe d'habitation, impôts de production, impôt sur les sociétés, taxe sur l'électricité, etc.), et la hausse des dépenses de 1,1%, hors mesures de relance et de soutien liées à la crise.

Au total, ce sont donc "près de 9 milliards d'euros d'économies supplémentaires chaque année" qui devront être trouvées, et qui permettraient de limiter la hausse des dépenses à +0,4% en moyenne entre 2023 et 2027. Atteindre un tel objectif imposera donc des réformes, en priorité sur le système de retraite, l'assurance maladie, la politique de l'emploi, les minimas sociaux et la politique du logement, relève la Cour.

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