La corruption dans le monde a progressé avec la crise sanitaire du Covid-19, selon Transparency international

Le Covid-19 "n'est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique, mais également une crise sur le plan de la corruption", estime l'organisation qui classe la France à la 23e place de son classement.

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Des employés de l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy déchargent des masques en provenance de Chine sur le tarmac, le 30 avril 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

La corruption dans le monde a progressé avec la crise sanitaire du Covid-19, selon Transparency international qui publie jeudi 28 janvier son indice annuel de perception de la corruption. "En 2020, la corruption a progressé à la faveur de la pandémie de Covid-19 tandis que les efforts pour l'endiguer continuent de stagner, alimentant ainsi la défiance citoyenne", note l'organisation.

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Le Covid-19 "n'est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique, mais également une crise sur le plan de la corruption, du fait du grand nombre de vies perdues en raison des effets insidieux de la corruption qui affaiblissent une réponse mondiale juste et efficace", estime Transparency international.

Cette corruption "est répandue à tous les niveaux de la réponse" au Covid-19, "qu'il s'agisse de l'accès aux tests de dépistage, aux traitements et aux autres services de santé, ou de la passation de marchés publics de fournitures médicales et de la préparation générale aux situations d'urgence", note le rapport. La corruption "détourne des fonds d'investissements indispensables dans les soins de santé, laissant les communautés sans médecins, équipements, médicaments et dans certains cas sans cliniques et hôpitaux". En clair, la "corruption tue, tant est prégnant le lien entre corruption et défaillances des systèmes de santé, de l'accès au soin, ou du développement des services publics."

Les pays où la corruption est la plus élevée "sont généralement ceux où les atteintes à la démocratie et à l'État de droit sont les plus graves dans le cadre de la gestion de la crise liée" au Covid-19, estime par ailleurs Transparency international.

La France à la 23e place du classement

Sur les 180 pays notés, le Venezuela, le Yémen, la Syrie, la Somalie et le Soudan du Sud sont derniers du classement, tandis que le Danemark, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, Singapour et la Suède sont en tête des pays les mieux notés. La France est à la 23e place.

"Si la France, 23e, se maintient dans la partie haute du classement", précise l'organisation, "l'actualité et le calendrier judiciaire montrent qu'elle n'est pas immunisée pour autant contre la corruption".

"En France, la crise liée à la pandémie de Covid-19 a surtout été marquée par un recul de la transparence dans la passation des marchés publics effectués dans l'urgence."

Transparency international

"Plus préoccupant, les assouplissements d'urgence des règles de transparence et de mise en concurrence des marchés publics sont en cours de pérennisation, notamment par l'intermédiaire de la loi d'accélération et de simplification de l'action publique (ASAP) votée il y a quelques mois", estime l'organisation.

Transparency international déplore aussi un "recul du rôle de Parlement dans la prise de décision publique à la faveur de l'urgence sanitaire, les deux chambres devant se contenter de jouer un simple rôle de chambre d'enregistrement de décisions touchant pourtant aux libertés fondamentales des citoyens."

"Toutes aussi préoccupantes, les récentes attaques portées contre le Parquet national financier qui ont été jusqu'à la contestation de son existence même, alors que cet instrument a su depuis sa création en 2014 montrer toute son utilité dans la lutte contre la grande délinquance économique et financière", ajoute le rapport.

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