L'Union européenne doit "coordonner l'ouverture des frontières entre les différents pays", plaide l'ancien président du Conseil italien Enrico Letta

Enrico Letta, président de l'Institut Jacques Delors, cercle de réflexion européen, regrette l'"Europe bashing" et appelle à combler le manque de solidarité entre membres.

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Radio France
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Le politicien italien, Enrico Letta, le 14 janvier 2020. (ERIC PIERMONT / AFP)

L'Union européenne doit "coordonner l'ouverture des frontières entre les différents pays", a plaidé dimanche 17 mai sur franceinfo Enrico Letta, ancien président du Conseil italien et président de l'Institut Jacques Delors, cercle de réflexion européen. Cette semaine, plusieurs États ont pris des mesures opposées. L'Espagne a imposé une quarantaine à tous les arrivants de l'étranger, alors que l'Italie a annoncé qu'elle allait ouvrir ses frontières aux touristes européens dès le 3 juin.

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"Le problème, c'est que les États membres ne veulent pas céder leurs compétences à l'Europe sur des sujets sur lesquels ils pensent avoir plus de capacités à agir tout seul", a estimé Enrico Letta, regrettant l'"Europe bashing" et critiquant ceux qui "s'attaquent à l'Europe parce qu'elle ne fait pas si ou ça".

Enrico Letta a rappelé que la santé n'était "pas une compétence européenne" et que "dans le passé, les États membres n'ont pas voulu céder la santé à l'Europe". "Donc, aujourd'hui, on trouve la contradiction sur ce sujet et je pense qu'une bonne coordination serait mieux. On ne peut pas passer l'été avec cette asymétrie", a-t-il prévenu.

"La possibilité pour l'Europe de devenir adulte"

Pour pallier le manque de "solidarité entre les États pendant la crise", Enrico Letta a estimé qu'il était "très important que le couple franco-allemand soit capable d'arbitrer". La réponse européenne sera présentée le 27 mai et l'ancien président du Conseil italien a dit souhaiter qu'elle soit "complète et capable de bloquer la récession. C'est vraiment la possibilité pour l'Europe de devenir adulte".

"Une partie importante de la réponse doit être sur le social, le sanitaire, le chômage, sur les hôpitaux. Il faut que les gens voient que l'Europe s'intéresse à des questions qui sont centrales dans nos vies. Ça, c'est le premier début d'un changement d'Europe pour le futur", a souligné Enrico Letta.

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