L'hydroxychloroquine n'est plus autorisée en France contre le Covid-19, sauf pour des essais cliniques

Le médicament, commercialisé sous le nom de Plaquénil en France, fait partie des nombreux traitements testés depuis le début de l'épidémie de coronavirus.

Une boîte de Plaquénil le 8 avril 2020 à Toulouse.
Une boîte de Plaquénil le 8 avril 2020 à Toulouse. (ALAIN PITTON / NURPHOTO / AFP)

Pas d'hydroxychloroquine contre le Covid-19 à l'hôpital en France. Le gouvernement a abrogé, mercredi 27 mai, les dispositions dérogatoires autorisant la prescription de ce médicament dérivé de l'antipaludéen chloroquine hors essais cliniques, dans un décret paru au Journal officiel. Mardi, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), saisi par le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait recommandé de "ne pas utiliser l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19", hors essais cliniques, que ce soit seule ou associée à un antibiotique.

Depuis fin mars, outre les divers essais cliniques chargés d'en évaluer l'efficacité, l'hydroxychloroquine pouvait être prescrite à titre dérogatoire à l'hôpital et uniquement pour les patients gravement atteints, sur décision collégiale des médecins. L'hydroxychloroquine est promue en France par le professeur Didier Raoult, ainsi que dans plusieurs pays, notamment par les présidents américains Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro. 

La procédure de suspension des essais cliniques lancée

Alors qu'une étude parue dans la prestigieuse revue médicale The Lancet a pointé l'inefficacité et les risques de ce médicament, l'Organisation mondiale de la santé a suspendu, par précaution, les essais cliniques qu'elle mène avec l'hydroxychloroquine dans plusieurs pays. De son côté, l'Agence du médicament (ANSM) en France a également annoncé mardi avoir "lancé" la procédure de suspension "par précaution" des essais cliniques évaluant l'hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19. 

Le médicament, commercialisé sous le nom de Plaquénil en France, fait partie des nombreux traitements testés depuis le début de l'épidémie de coronavirus. Il est par ailleurs prescrit pour lutter contre des maladies auto-immunes, le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

Le décret paru au Journal officiel mercredi met également fin à la prescription contre le Covid-19 (hors essais cliniques) du médicament commercialisé en France sous le nom Kaletra, associant lopinavir et ritonavir, deux antirétroviraux. Il est pointé par l'ANSM pour ses risques cardiaques.