"Je ne sais pas ce qu’on attend" : déployés dans une dizaine de pays, les chiens renifleurs de Covid-19 ne sont pas encore utilisés en France

Ce dispositif est jugé comme "une piste intéressante" par le ministre de la Santé mais l'absence d'une publication scientifique solide empêche, pour l'instant, d'utiliser ces chiens qui détectent les porteurs du coronavirus juste en les reniflant.

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Radio France
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Un policier apprend à son chien à trouver un morceau de tissu infecté par le Covid-19, à Maison-Alfort le 13 mai 2020 (photo d'illustration). (JOEL SAGET / AFP)

Si vous atterrissez à l'aéroport d'Helsinki en Finlande, vous serez accueillis par des chiens renifleurs de Covid-19, formés pour détecter le virus. Le dispositif est utilisé dans une dizaine de pays mais pas encore en France même s’il a déjà été mis au point.

>> VIDEO. Comment des chiens sont entraînés à renifler l'odeur du coronavirus

La démonstration se déroule dans une salle de l'école vétérinaire d'Alfort dans le Val-de-Marne. Quatre cônes métalliques sont accrochés au mur, avec à l'intérieur des prélèvements de sueur, un seul est positif. Ce jour là, c'est Vinnie qui est en formation avec son maître, un pompier des Yvelines qui la guide devant chaque cône. "Super Vinnie ! Ça, c'est ton nez.Très, très bien ton nez !", la chienne a bien marqué un temps d'arrêt devant l'échantillon de sueur contaminé par le Covid-19.

Des résultats impressionnants

Cela marche quasiment à tous les coups. Dominique Grandjean, professeur à l'école vétérinaire de Maisons-Alfort affiche des résultats impressionnants : 92 à 96% de fiabilité. En plus, ses chiens ne coûtent pas cher, il ne comprend pas pourquoi la France n'utilise pas ses chiens renifleurs : "Le chien, lui, il ne ment pas. Il va marquer un positif lorsque le virus est actif dans l’organisme. Donc, que la personne soit symptomatique ou asymptomatique, ce n’est pas le problème. Si le virus est actif et que la personne est contaminante, le chien va marquer. Je ne sais pas ce qu’attend la France à partir du moment où l’ont fait la démonstration que ça fonctionne au plan opérationnel."

Bien sûr que les publications scientifiques vont venir. Maintenant, il y a toujours un délai entre le moment où elles sont rédigées, et le moment où elles sont publiées.

Dominique Grandjean, école vétérinaire d'Alfort

à franceinfo

Il manque en effet une étude scientifique solide pour que les autorités françaises déploient ce dispositif. Pourtant, il intéresse jusqu'au ministre de la santé Olivier Véran. "C’est une piste très intéressante qui ne remplacera jamais les tests PCR ni les autres tests innovants qui arrivent, explique le ministre. Mais toute piste est bonne à explorer, et j’avoue que j’avais été assez impressionné par la démonstration que j’avais vue. Mais, une démonstration ne fait pas évidemment une assise scientifique suffisante, il faut des données publiées pour ça, et ça avance." 

L'académie de médecine et l'académie vétérinaire appellent à développer ce nouveau type de tests dans les meilleurs délais tout en réclamant, elles aussi, une évaluation scientifique solide.

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