Infographies Covid-19 : quatre graphiques pour comprendre le rebond épidémique en France

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Alors que l'essentiel des mesures visant à lutter contre le Covid-19 ont été levées lundi 14 mars, plusieurs indicateurs repartent à la hausse ou cessent de baisser. Sans que l'on sache s'il s'agit d'une nouvelle vague épidémique.

Est-il trop tôt pour retirer son masque ? Lundi 14 mars, l'essentiel des restrictions anti-Covid est levé. Mais voilà plusieurs jours que certains indicateurs épidémiques ne baissent plus, voire augmentent, engageant l'exécutif dans un jeu d'équilibriste. "La fin de l'obligation ne signifie pas la fin de la vigilance", a affirmé Olivier Véran, en déplacement aux Sables-d'Olonne (Vendée). "J'invite les Françaises et les Français à porter le masque en toutes circonstances qui peuvent les exposer eux-mêmes ou leur entourage à des risques de contamination", a déclaré le ministre de la Santé.

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Simple plateau, léger rebond, ou prémices d'une nouvelle vague ? Trop tôt pour le dire. Mais pour comprendre ce frémissement épidémique, franceinfo fait le point, graphiques à l'appui.

Les contaminations et hospitalisations en légère hausse

Le point sur les principaux indicateurs, d'abord. Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 avait atteint un record fin janvier, avec plus de 366 000 contaminations par jour en moyenne. Ce chiffre a ensuite connu une baisse continue, jusqu'au début du mois de mars, où il n'a pas réussi à descendre en dessous des 50 000 en moyenne glissante. Depuis maintenant une dizaine de jours, on constate même une augmentation des nouveaux cas : on en dénombrait 65 000 par jour le 13 mars.

Du côté des nouvelles hospitalisations, les indicateurs ont cessé de diminuer. Après un pic à plus de 2 900 entrées à l'hôpital début février, ce chiffre est redescendu à 950 en moyenne début mars, mais cela fait plus d'une semaine qu'on observe un plateau. Voire une légère augmentation : en moyenne au 13 mars, on comptait 973 nouvelles hospitalisations par jour.

Voilà les seuls indicateurs dont l'évolution est, pour l'instant, dans le rouge. Comme le montre notre tableau de bord permettant de suivre tous les chiffres de l'épidémie de Covid-19, les admissions en réanimation ainsi que les décès continuent leur baisse après le pic de début février. Et c'est justement l'évolution des formes graves qui va être scrutée dans les prochaines semaines.

Le sous-variant BA.2, plus contagieux, est majoritaire

Comment expliquer ce frémissement épidémique ? Membre du Conseil scientifique, Arnaud Fontanet, directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris, avance une première explication : "un sous-variant d'Omicron, BA.2, qui est plus contagieux que son prédécesseur", a-t-il expliqué sur France Inter, lundi. "Le variant Omicron BA.2 est 30% plus transmissible" que le variant Omicron BA.1, a aussi expliqué Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat à Paris et membre du Conseil scientifique.

De fait, alors que le sous-variant Omicron BA.1 était majoritaire depuis la fin décembre, son cousin, le BA.2, le remplace progressivement. Il était déjà majoritaire en Inde ou au Danemark, dès la fin janvier. D'après des données provisoires issues des enquêtes Flash de Santé publique France, il représentait 52% des contaminations la semaine du 28 février.

Une reprise des contaminations au fil des rentrées scolaires

Autre explication avancée par les mêmes spécialistes : la fin des vacances. "Les régions où l'incidence est repartie à la hausse sont celles qui sont revenues de vacances le 21 février", a détaillé Arnaud Fontanet sur France Inter. La zone B, comprenant notamment les Hauts-de-France, le Grand Est, Paca ou la Bretagne, connaît effectivement une augmentation de l'incidence depuis cette date. De même, dans les régions de la zone C (Ile-de-France et Occitanie), on constate une hausse des contaminations à partir du 7 mars, date de la fin des vacances scolaires.

Des projections rassurantes, mais incomplètes

"Ce rebond n'est pas une vague", a toutefois assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran. S'appuyant, sans doute, sur les projections réalisées par l'Institut Pasteur publiées le 10 mars. Leurs auteurs estiment que "dans tous les scénarios explorés, le pic des cas [en mars] reste très inférieur au pic de janvier". D'autres spécialistes se veulent aussi rassurants. "Il y a une immunité qui s'est installée", relativise Yazdan Yazdanpanah, car il y a "plus de 80% des gens vaccinés, 50% qui ont eu une dose de rappel, et une part non négligeable, qu'on estime à 40%, de la population déjà touchée par l'infection".

Par ailleurs, la quatrième dose de vaccin, qui est désormais ouverte aux plus de 80 ans dont la troisième dose remonte à plus de six mois, "est importante" pour "la durabilité de l'immunité", insiste l'infectiologue.

Cela étant dit, de nombreuses inconnues subsistent. L'étude de l'Institut Pasteur n'a pas intégré "le déclin progressif de l'immunité, ce qui pourrait rendre" les projections "trop optimistes", précisent ses auteurs en préambule. De même, "l'impact du climat" n'a pas été pris en compte dans ces modélisations, alors que d'importantes vagues épidémiques ont touché la France lors des printemps de 2020 et 2021.

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