"Il n’y a absolument aucune protection" : touchés par la crise du coronavirus, les expatriés français se sentent oubliés

Nombre de Français installés à l’étranger ne savent plus vers qui se tourner pour échapper à la faillite et au retour en France.

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Radio France
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Un expatrié européen bloqué dans la ville de Niamey au Niger durant l'épidémie de coronavirus, le 3 avril 2020 (photo d'illustration). (NICOLAS REMENE / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Propriétaire d’un lodge au sud de Dakar, ce Français quinquagénaire monte la garde lui-même de nuit pour surveiller son hôtel vide. Une affaire lancée l’an dernier, la crise du coronavirus l’a obligé à renvoyer tout le personnel : "Ça fait deux mois qu’il n'y a absolument rien qui rentre. On se retrouve tous avec des charges à payer quand même, comment on fait ?"

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Ils sont des milliers d’expatriés français, en Afrique mais aussi en Asie et sur le continent américain. Beaucoup sont de petits entrepreneurs et sont durement touchés par les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Ils sont exclus des aides mises en place par le gouvernement français, car leurs entreprises sont étrangères. 

La menace de la faillite

"Je survis parce que j’ai eu une aide familiale, on vient de m’envoyer de l’argent", explique l’hôtelier qui regrette que Paris n’aide au Sénégal que les grandes sociétés, en oubliant les petits entrepreneurs français menacés par la faillite.

La solution ce n’’est pas de dire : 'Prenez un avion et rentrez chez vous', parce que chez nous, c’est ici.

Expatrié à Dakar

à franceinfo

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l’étranger, a déposé, sans succès, un amendement qui leur aurait permis de bénéficier du fonds de 7,5 milliards d’euros destinés aux plus fragiles. "Il n’y a absolument aucune protection, s'indigne la sénatrice. Il ne leur reste comme possibilité que de pouvoir rentrer en France et de voir s’effondrer les efforts de toute une vie dans un pays où ils sont acteurs de notre rayonnement et de notre influence."

La sénatrice observe que leur apporter un soutien immédiat coûterait moins cher que les aides sociales à leur retour en France.

Les entrepreneurs expatriés oubliés : écoutez le reportage de Bertrand Gallicher
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